Et à la fin, c'est le Bayern qui gagne

Le duel Guardiola-Mourinho a tourné à l'avantage de l'Espagnol à l'issue d'un match de toute beauté. Avec encore un Ribéry de gala...

Après les prestations de nos équipes françaises cette semaine, pitoyables et indignes du niveau européen, on a eu l'occasion de se réconcilier avec le football de haut niveau hier soir grâce à une finale de Supercoupe d'Europe absolument exceptionnelle. Exceptionnelle, parce que ce trophée a longtemps été une sorte de super match amical assez régulièrement pris par-dessus la jambe par l'une voire les deux équipes et que cette fois, ce n'était pas du tout le cas.

Je ne sais pas si c'était parce que ce match opposait Mourinho à Guardiola - et que les deux anciens ennemis de la Liga avaient certainement à coeur de le remporter - qui a changé la donne, mais on a eu droit à une rencontre digne d'une finale de Ligue des Champions et probablement déjà l'une des meilleures de la saison. Le Bayern a cru pendant très longtemps revivre sa finale de LDC perdue à domicile face au même adversaire il y a un peu plus d'un an.

Sauf que cette fois, les Allemands ont eu les ressources morales pour égaliser à la dernière seconde des arrêts de jeu de la prolongation sur un but assez chanceux de Javi Martinez – comme l'a souligné Mourinho d'un geste d'une élégance rare dont il a coutume. Mais si effectivement le but bavarois est assez chanceux, que dire de la qualité globale du match du champion d'Europe en titre pendant 120 minutes et de sa domination absolument écrasante dans le jeu ?

Chelsea a mené deux fois au score. D'abord sur un but remarquable de Torres après un enchaînement exceptionnel d'Eden Hazard, puis sur une seconde réalisation signée du même génie belge, qui a éclaboussé le match de sa classe côté anglais. Mais à part ça et une glissade de Dante dont Oscar n'a pas su profiter plus l'habituelle tête sur la barre d'Ivanovic dans les cinq dernières minutes, le reste du match a été marquée par la domination sans partage du Bayern.

L'infernal Franck Ribéry

Et je pense que, si les Allemands avaient un avant-centre du niveau de ses autres joueurs, le score aurait très certainement été plus large pour les partenaires de Ribéry. Parce que bon, Mandzukic a quand même attendu la 110e minute pour cadrer son premier ballon ! D'une manière générale, Robben et Müller ne sont pas encore dans leur forme optimale. En revanche, Franck Ribéry, qui avait pourtant reçu son trophée de meilleur joueur de l'année à Monaco la veille au soir, a été le meilleur homme sur le terrain en déployant une activité infernale.

C'est d'ailleurs lui qui avait égalisé une première fois d'une très jolie frappe en dehors de la surface en début de seconde période, avant que le Bayern se retrouve en supériorité numérique avec l'expulsion tout à fait méritée de Ramirez pour un geste assez odieux. La suite, ce sont les tirs-au-but, l'échec de Lukaku et le trophée qui part dans l'escarcelle des Bavarois. Je ne vous cacherai pas que ce n'est pas pour me déplaire. Parce qu'on pourra me dire ce qu'on veut, je préférerai toujours le jeu prôné par Guardiola à celui de Mourinho.

Après, si on doit commencer à chercher des différences entre le Bayern de l'Espagnol et celui d'Heynckes - outre l'absence de Schweinsteiger -, on peut dire que les lignes sont plus resserrés et que, un peu à l'image du Barça de Pep, le Bayern joue plus haut qu'auparavant. Et puis, avec Alaba et Ribéry, les champions d'Allemagne détiennent un côté gauche qui n'a pratiquement aucun équivalent en Europe.

En tout cas, voilà deux équipes qui paraissent bien armées pour faire de belles choses en Ligue des Champions cette saison, et avec ce qu'elles nous ont montré hier soir, on a déjà hâte de les retrouver. Enfin, un dernier mot pour signaler l'arbitrage absolument parfait de monsieur Eriksson, qui montre que dans un match qui n'était pourtant pas simple, l'arbitre peut aussi se mettre au niveau et faire un grand match.

Pierrot