Fortunes diverses

Une victoire éclatante, un nul poussif et une défaite cauchemardesque : nos trois représentants en C1 ont vécu un week-end pour le moins contrasté. Retour sur les sept premiers matchs de cette 4e journée de Ligue 1.

Vous vous en doutez, ce post va se consacrer en priorité aux trois équipes qui vont défendre nos chances en Ligue des Champions la semaine prochaine. Trois équipes au degré de forme très différent puisque l’une pète le feu, l’autre piétine et la troisième est à la rue. Celle qui est en super forme, c’est Monaco, qui s’est trimballée au stade Pierre-Mauroy où il y avait clairement plusieurs classes d’écart entre le LOSC et l’ASM. Une équipe asémiste dont le jeu a bien changé. Rien à voir avec le plan mis en place face au PSG, cette fois on a eu droit à un jeu beaucoup plus direct que ce qu’on a pu connaître ces derniers mois. 

Avec des milieux de terrain qui prennent de plus en plus confiance à l’image de Bakayoko et un Sidibé qui a fêté son retour de sélection avec un but sur coup-franc. Et puis, même si l’équipe ne joue pas avec pléthore d’attaquants, elle se projette devant à beaucoup et fait montre d’une redoutable efficacité, en se révélant de surcroît très séduisante dans le jeu. C’est intéressant parce que le match qui attend les hommes de Jardim, mardi à Wembley face à Tottenham, s’annonce compliqué. Et alléchant.

On n’en dira pas autant du PSG, qui a offert un bien triste visage vendredi au Parc, face à Saint-Etienne, avec notamment une première période indigne d’une équipe de ce standing, où seuls Verratti et Matuidi sont parvenus à surnager. De toute façon, le problème numéro un de Paris est assez simple : c’est l’attaque. Lucas sera toujours Lucas, Ben Arfa est absent des débats en ce début de saison et puis, je ne sais pas qui a eu l’idée de génie - mais on peut quand même supposer que c’est Emery - d’aller chercher le remplaçant du remplaçant du Real avec Jesé, mais à 20 M€ on ne peut pas dire que ce soit une trouvaille. 

Augustin et les cacahuètes

Bien sûr, on ne va pas brûler un mec dès sa première titularisation, mais s’il y a un truc dont on est sûr, c’est que l’Espagnol est tout sauf un avant-centre. Le problème de savoir s’il y a une doublure à Cavani reste donc entier, d’autant que visiblement, les belles prestations d’Augustin avec l’équipe de France U19 ont l’air de compter pour des cacahuètes aux yeux du coach basque. 

Dans ce match, le PSG a ouvert le score sur un penalty généreux - alors qu’il aurait plutôt dû en obtenir un nettement plus justifié en première période - mais s’est fait surprendre dans les arrêts de jeu après une accumulation d’erreurs, dont la plus grosse est l’oeuvre de Meunier qui a laissé Beric récupérer le ballon dans son dos. Pour l’instant, les prestations parisiennes sont très loin de ce que le club de la capitale pouvait nous proposer ces dernières années et on ne voit toujours pas de progrès, loin de là.

Mais alors que dire de Lyon, qui avait pourtant ouvert le score dès la deuxième minute de jeu par Kalulu - un but qui, selon moi, n’est d’ailleurs pas valable car la « passe » de Contento est tout sauf volontaire. J’aurais préféré que le péno soit donné pour la faute du même Contento sur Lacazette, ce qui m’aurait semblé plus logique. Mais bon, toujours est-il que l’OL menait au score et a même eu dans la foulée deux ou trois belles occasions de doubler la marque… avant de se liquéfier totalement. 

On a vu une équipe qui avait un projet de jeu et un schéma tactique, Bordeaux, et une autre qui n’avait rien à proposer à part de l’agressivité et alignait trois attaquants qui, pour des raisons diverses et variées, sont plus en méforme les uns que les autres. L’égalisation de Malcom, sur laquelle la responsabilité de Lopes est grandement engagée puisqu’il encaisse ce pion au milieu de son but, a sonné comme un avertissement. L’expulsion de Gonalons, plus que méritée après ce tacle de sauvage sur le même Malcom, a achevé cette équipe lyonnaise qui a commis beaucoup d’actes d’antijeu et de fautes méchantes.

Excellent business et très mauvais football

Le vice-champion de France s’est ensuite fait cueillir par des Bordelais qui ont enquillé deux autres buts, avec une défense centrale où on a pu s’apercevoir que sans Nkoulou, ce n’était pas mieux qu’avec, surtout avec un Yanga-Mbiwa qui n’est jamais au marquage. On attend avec impatience de voir si Mammana va réussir à corriger un peu le tir. Mais en attendant, ça fait deux défaites consécutives avec sept buts encaissés pour l’OL, qui a en outre perdu Lacazette pour un certain temps. Bordeaux en revanche, a offert un visage conquérant et a bien joué au ballon. La formation de Gourvennec est la bonne surprise de ce début de saison. 

Et puis hier soir, trois équipes étaient à zéro point avant les matchs. Il n’y en avait plus qu’une après puisque Nancy a gagné sans trembler à Lorient. Et je m’aperçois avec une certaine satisfaction que le public du Moustoir commence à réaliser que son président n’est pas en Bretagne pour faire du football mais pour faire du business. A force de vendre saison après saison ses meilleurs joueurs sans vraiment compenser, cette équipe lorientaise va se retrouver un jour dans une situation inextricable. Et ce jour-là - qui n’est peut-être pas si lointain -, les supporters auront des comptes à demander à ce monsieur, qui fait certainement d’excellentes affaires, mais du très mauvais football.

Angers n’avait pas été payé lors des trois premières journées parce qu’on avait noté plus de moyens offensifs et plus d’ambition dans le jeu. Cela n’avait pas marché jusqu’ici parce qu’une telle mutation met souvent un peu de temps à être assimilée. Mais face à Dijon, alors qu’ils étaient menés au score, les joueurs de Moulin ont su réagir, marquer de très jolis buts et lancer leur saison, tout en offrant un jeu plutôt séduisant. Enfin, Guingamp et Montpellier se sont neutralisés dans un match très équilibré et Bastia, sur une pelouse qui n’est pas indigne de la Ligue 1 mais indigne d’un match professionnel, s’est imposé grâce à un but sur coup-franc de sa recrue, Bengtsson.

Pierrot