France - Cameroun : l'analyse

Que nous appris cet avant-dernier match amical des Bleus avant l’Euro ? Eh bien pas grand chose, en réalité. C’est toujours la cata derrière, devant ça marche même sans Griezmann et entre les deux, on est encore resté sur notre faim.

Finalement, ce France - Cameroun, premier des deux matchs de préparation de l’équipe de Deschamps avant le match d’ouverture face à la Roumanie dans dix jours, a été totalement conforme à ce qu’on avait vu en mars dernier, lors des victoires aux Pays-Bas et face à la Russie. Il a confirmé les moyens offensifs des Bleus, qui ont marqué à trois reprises - ce qui porte donc le bilan à 10 buts sur les trois derniers matchs - et se sont créés d’autres très belles occasions, mais aussi la fébrilité assez invraisemblable de l’ensemble de son secteur défensif.

Alors il est bien évident qu’avec tous les forfaits enregistrés dans ce domaine, ça n’a rien de très surprenant. Mais bon, hier soir le seul débutant au sein du back four, c’était Rami, qui est arrivé dans un contexte un peu compliqué pour lui, avec beaucoup de tension. Et ce n’est pas à cause de Rami que les latéraux ont affiché un niveau aussi catastrophique. Entre une participation au jeu nulle et des errances défensives - surtout du côté d’Evra - problématiques, il n’y a pas de quoi être rassuré, loin s’en faut.

Le constat est à peine meilleur pour notre entrejeu, qui ne m’a pas convaincu non plus. Je me fais un peu de souci pour Lass’ Diarra, que je trouve loin de sa meilleure forme, ce qui est assez normal vu les pépins physiques qu’il a accumulés ces derniers temps. Et puis, si on sait que Matuidi donnera toujours tout ce qu’il a dans le bide, malheureusement on ne peut pas en dire autant de Pogba, qui reste bien trop souvent sur courant alternatif.

Les mêmes angoisses et les mêmes espoirs

Le Turinois nous a montré à la fois tout ce qu’il sait faire et tout ce qu’on ne veut pas le voir faire. C’est-à-dire des gestes incroyables comme cette action de classe et cette passe décisive pour Giroud, et des moments de « transparence » quasi-totale, pendant lesquels il disparaît de la circulation et n’impacte plus du tout le jeu. Or, on aura besoin d’un Pogba qui prenne plus de responsabilités dans l’entrejeu pour espérer aller au bout lors de cet Euro. 

Enfin devant, avec le forfait de Martial pour ce match et le fait que Griezmann récupérait de sa finale de Ligue des Champions, on a eu droit à la titularisation de Coman, qui a montré qu’on peut compter sur lui et qu’il est capable de créer de vraies différences sur le côté droit. Mais la vraie bonne surprise, c’est Payet, qui au fil du match est devenu le dépositaire du jeu en quittant progressivement son côté gauche pour aller un peu partout et ouvrir des possibilités. Sans parler de sa capacité à délivrer des ballons de haute qualité et de son habileté diabolique sur tous les coups de pied arrêtés, comme l’a encore prouvé ce sensationnel coup-franc.

Voilà, après cet avant-dernier test grandeur nature avant l’Euro, on a aujourd’hui les mêmes angoisses, les mêmes incertitudes et les mêmes espoirs qu’au printemps. Je ne vois pas bien ce que Deschamps pourrait modifier en défense centrale, à moins de déplacer Koscielny axe droit et lui adjoindre Mangala ou Umtiti à gauche. Quant aux latéraux, ce n’est même la peine d’ergoter puisqu’on sait bien qu’il ne changera pas. Bref, à dix jours de France-Roumanie, il y en a pour tout le monde : les pessimistes et les optimistes ont à boire et à manger. 

Pierrot