France - Paraguay : notes et analyse

Avant de disputer un match décisif face à la Suède dans le groupe A, l'équipe de France s'est fait plaisir en écrasant un très faible Paraguay. Motivés et concernés pendant toute la rencontre, les Bleus ont trouvé des automatismes qui pourraient servir pour la suite.

Les notes 

Lloris (non noté) : face à un adversaire aussi faible offensivement et qui n'a pas cadré le moindre tir, le portier de Tottenham n'a rien eu à faire, à part assurer quelques sorties. 

Sidibé (7) : au vu du peu de travail à effectuer derrière, il a pu se concentrer sur son apport offensif. Auteur de très belles combinaisons avec Dembélé, il a eu un léger coup de moins bien au retour des vestiaires avant de redécoller après l'heure de jeu. Sur une action qu'il a menée lui-même du début à la fin, il aurait mérité de marquer pour conclure sa belle prestation.

Koscielny (6) : ce n'était pas le match le plus difficile de sa carrière mais le Gunner a été propre dans ses relances. Il a simplement manqué une intervention qui a amené la seule occasion chaude du match.

Umtiti (6,5) : Une ou deux situations plus compliquées à gérer que son partenaire en charnière. Mais un match tranquille dans l'ensemble.

Mendy (7,5) : auteur d'un nombre incalculable de centres, le Monégasque a fait vivre un enfer à ses adversaires. Ses accélérations et sa patte gauche ont constamment créé le danger dans le camp adverse. Si on peut difficilement le juger sur son travail défensif, il semble clairement parti pour s'installer durablement sur ce côté gauche. 

Pogba (6,5) : le bloc adverse étant très bas, le Mancunien a pu se projeter comme il aime le faire. Auteur de bons décalages et de la fameuse avant-dernière passe sur l'ouverture du score, il a tout de même manqué deux très belles occasions. Sorti dès la pause, il n'a pas pu améliorer son bilan en seconde période.

Matuidi (6) : un peu moins haut sur le terrain que l'ancien joueur de la Juventus, il a perdu quelques duels et a commis des fautes évitables lors du premier acte. Mais comme souvent, il a compensé par son volume de jeu, ses projections généreuses et son pressing incessant dans l'entrejeu. 

Dembélé (7) : pour son retour au Roazhon Park, le feu follet a fait honneur à sa réputation de dribbleur. Sur son côté droit, il a mis au supplice ses vis-à-vis, se permettant même de partir de sa moitié de terrain pour relancer . S'il y a évidemment du déchet dans son jeu, il a adressé de très bons centres, dont un décisif pour Giroud. Deschamps aurait pu lui offrir une ovation mais le joueur de Dortmund est sorti à la mi-temps. 

Payet (6,5) : moins vivace que son coéquipier de l'aile droite, le nouveau numéro 10 a affiché une belle complémentarité avec Mendy. Ses coups de pieds arrêtés ont créé la panique et ses décalages ont mis ses coéquipiers dans des situations idéales. Son alternance entre le jeu court et le jeu long est toujours aussi précieuse. Passeur décisif sur le deuxième but de Giroud. 

Griezmann (7,5) : son attitude sur le terrain, ses efforts et sa vision du jeu font de lui le patron de cette sélection. Dans un vrai rôle de créateur, il a donné le rythme, exercé un gros pressing et a constamment essayé de trouver ses partenaires. S'il a longtemps manqué de réalisme dans la surface adverse, son travail a finalement été récompensé par un but de renard en deuxième période. 

Giroud (9) : ses détracteurs diront qu'il ne participe pas suffisamment au jeu. Mais la mission du joueur d'Arsenal est de faire de bons appels et de transformer les offrandes de ses coéquipiers. Il a une nouvelle fois parfaitement rempli ce rôle ce soir en inscrivant un triplé, du jamais vu depuis dix-sept ans en équipe de France. Il en est à seize buts lors de ses seize dernières sorties avec le maillot bleu. Que dire de plus ? L'ovation très marquée du public rennais a dû lui faire plaisir. 

Remplaçants : évidemment, Didier Deschamps a profité de cette rencontre pour faire de nombreux changements. Sur sa lancée après son excellente saison à Monaco, Lemar (7) a apporté sa vivacité et une vraie touche technique sur le côté gauche. Choix de Deschamps le plus critiqué au vu de sa saison, Sissoko (6,5) a répondu présent en réalisant quelques bons déboulés sur le côté droit et en inscrivant le quatrième but des Bleus. Sur le banc au coup d'envoi pour se "reposer", Kanté (7) a ratissé le terrain dès ses premières minutes de jeu et n'a jamais laissé passer ses adversaires. Digne, qui avait la lourde tâche de remplacer Mendy, s'en est également bien sorti en adressant un vrai caviar à Giroud pour son troisième but. Très altruiste, Lacazette a fêté son retour en Bleu en offrant un but à Sissoko. Enfin, Thauvin a fêté sa première sélection en réalisant quelques bons échanges avec ses coéquipiers sur le front de l'attaque.

 

L'analyse 

Pour ce match de préparation, Didier Deschamps avait donc décidé d'aligner la grosse équipe, celle qui devrait démarrer contre la Suède la semaine prochaine, à une ou deux exceptions près. Le problème avec ce genre de rencontre, c'est qu'il est très difficile de tirer des conclusions lorsque l'adversaire est aussi faible. Mais force est de constater que les Bleus n'ont l'esprit ni aux vacances ni aux transferts et sont restés sérieux du début à la fin.

Ceux qui craignaient que les internationaux manquent de rythme pour cette "reprise" ont d'ailleurs été rapidement rassurés. Par deux fois en moins d'un quart d'heure, les Français ont marqué, bien aidés par une défense paraguayenne complètement à la rue. Dembélé puis Payet ont profité des boulevards pour adresser deux centres parfaits à destination de Giroud, qui ne s'est pas fait prier pour soigner ses stats. Face à des adversaires asphyxiés par le pressing et incapables de se montrer dangereux, les Bleus ont continué à créer le danger, en s'appuyant notamment sur les qualités de vitesse et de percussion de Mendy et Dembélé.

En fin de première période et au début de la deuxième, les hommes de Deschamps ont joué plus tranquille, sans pour autant se mettre en danger. Les entrées successives de Lemar, Lacazette ou encore Thauvin ont permis de redynamiser le jeu et de voir de nouvelles combinaisons payantes devant. Après un très bon travail de Lemar et un centre parfait de Digne, Giroud a signé un triplé, événement assez rare pour être souligné. Critiqué pour sa saison en club et sa faible participation au jeu, le Gunner a une nouvelles fois fait taire ses détracteurs. En fin de rencontre, Sissoko et Griezmann ont alourdi le score grâce notamment au travail et à l'altruisme de Lacazette. 

Evidemment, si le Paraguay n'était clairement pas à la hauteur, cet amical a au moins eu le mérite de créer davantage d'automatismes et de renforcer les liens. Et puis, après la défaite légèrement inquiétante face à l'Espagne, il était important pour l'équipe de France de reprendre sa marche en avant. Désormais, il s'agit de continuer à bien se préparer car c'est une toute autre adversité qui attend les Bleus en Suède. 

Pierrot