L'Allemagne la voulait tant

Le prochain maillot de l'Allemagne portera donc une quatrième étoile. Un titre attendu, mais qui a été long à se dessiner face à des Argentins qui ont manqué de réalisme.

Après avoir vu cette finale, je garde un sentiment assez mitigé. Même si je voyais les Allemands l’emporter, je ne m’attendais pas à un match comme celui-là. J’imaginais une Mannschaft plus dominatrice et je ne voyais pas l’Argentine lui poser autant de problèmes. Alors probablement que la blessure à l’échauffement de Khedira - remplacé par le jeune Kramer lui même victime d’un coup à la tête et remplacé à la demi-heure de jeu par Schürrle - a contrarié les plans de Löw, mais on n’a pas retrouvé cette équipe d’Allemagne sûre de son jeu, même si elle assez largement eu la possession de balle dans ce match.

Je pense que la clé de cette finale, c’est l’inefficacité des attaquants argentins. Entre l’occasion d’Higuain, qui frappe quatre mètres à côté seul devant Neuer, celle de Palacio - ce mec n’a rien à faire à ce niveau à mon humble avis - qui fait un contrôle pourri et rate son lob au point de pénalty et celle de Messi dont la frappe croisée du gauche passe à 50 centimètres du poteau, les hommes de Sabella ont eu les possibilités pour ouvrir la marque. Si les Argentins peuvent pleureur après ce match, c’est bien à cause de ce manque de réalisme devant le but. 

Car le plan défensif lui, a fonctionné. Toujours articulé autour d’un extraordinaire Mascherano, l’axe défensif albiceleste a tenu le choc. Mis à part un tir de Schürrle et une tête d’Höwedes sur le poteau, les Allemands n’ont pas eu beaucoup d’occases. Mais il est bien évident que l’apport offensif d’un Schürrle ou d’un Götze est tout autre que celui d’un Palacio ou d’un Lavezzi. Zabaleta n’a été pris qu’une seule fois en défaut dans ce match, et c’est par l’attaquant de Chelsea, dont le centre pour l’enchaînement contrôle poitrine-volée croisée du gauche de Götze est tout simplement parfait. 

 

Celle qui a claqué un 7-1…

Götze, la petite star du foot allemand, un transfert record du Borussia au Bayern, où il ne s’est pas imposé, tout comme en équipe d’Allemagne… Mais il est au bon endroit au bon moment et sa carrière va peut-être prendre une autre dimension après ce but qui donne le titre mondial à son pays. Quant à savoir si l’Allemagne le mérite ou pas… De toute façon, dans un siècle cette équipe restera celle qui a claqué un 7-1 au Brésil chez lui en demi-finale. Après, beaucoup vont gloser sur le cas Messi. Il est évident que son titre de meilleur joueur du tournoi est éminemment politique. 

Maintenant, je suis de ceux qui pensent qu’il a fait une bonne, voire une très bonne finale. Mais quand tes coéquipiers ne sont pas capables de te redonner le ballon dans des conditions correctes, ça devient compliqué. Avec l’absence de Di Maria, il a été obligé de jouer - comme contre les Pays-Bas - meneur de jeu alors qu’il aurait certainement été plus efficace en évoluant plus proche du but adverse.

Voilà, cette finale conclut une Coupe du Monde plutôt sympathique lors des matchs de poule avant de devenir très « calculatrice » par la suite. Elle n’a pas révélé grand chose d’un point de vue footballistique, mais a en revanche confirmé un état de fait : l’usure criante des grandes stars du foot, qui jouent beaucoup trop saison après saison. Ce qui nuit bien évidemment au spectacle.

Pierrot 

 

PS : Dernières vidéos sur le blog et sur onzemondial.com en ce lundi 14 juillet. Si vous souhaitez me poser des questions, c’est toujours au hashtag pierrotbrasilblog et c’est jusqu’à 12h.