L'Italie tient bon, l'Uruguay sombre

Deuxième grosse surprise hier avec la victoire du Costa Rica sur l'Uruguay. Derrière, l'Italie a battu l'Angleterre au terme d'un super match. Jusqu'ici, elle me plaît bien cette Coupe du Monde.

Même si le score de 3-0 est un peu flatteur pour la Colombie - conséquence directe du réalisme des Cafeteros tout autant que de la faiblesse du gardien grec - et même si la Côte d'Ivoire a été menée au score par le Japon et en bavé pour revenir, ces deux victoires étaient un peu attendues. A peu près autant que celle de l'Uruguay devant le Costa Rica.

Mais ça ne s'est pas du tout passé comme prévu. Pour deux raisons très simples : la Celeste a totalement raté son match alors que les Ticos se sont montrés éblouissants, à l'image de ce Campbell qui n'avait pas percé sur le synthétique de Lorient et qui, sans être irrésistible, a fait de meilleurs matchs cette saison avec l'Olympiakos, son troisième prêt consécutif.

Hier soir, il sort une prestation proche de la perfection : une énorme activité, un but et deux frappes lointaines à 20 centimètres des poteaux. Dans tous les bons coups, l'ami Joel a mis au supplice la charnière Lugano-Godin. Le défenseur de l'Atletico n'a clairement plus d'essence dans le moteur après une saison interminable. Lugano lui, ça fait à peu près dix ans qu'il n'a plus d'essence dans le moteur, donc bon...

Suarez, dans quel état ?

Quant à Suarez, s'il n'est pas rentré hier soir, même dix minutes, c'est qu'il n'est pas capable de jouer. On peut même se demander s'il sera en mesure de le faire avant la fin du premier tour. Et si tel est le cas, dans quel état ? Alors on attendait Cavani. Mais El Matador a confirmé sous le maillot de sa sélection les difficultés rencontrées sous celui du PSG ces derniers mois. Et cette fois, il joue dans l'axe.

Avec cette décevante entrée en matière, l'Uruguay se retrouve déjà dans une position délicate. D'autant plus délicate que l'autre match du groupe, de très haute tenue, a mis en lumière les qualités de l'Italie et de l'Angleterre. Disputé sous une chaleur accablante et sur une pelouse pelée, ce choc a pourtant tenu toutes ses promesses.

L'Angleterre s'est montrée sous un visage des plus séduisants, Sirigu - qui remplaçait Buffon blessé - devant s'employer à plusieurs reprises et avec brio. L'Italie a réussi à inscrire deux jolis buts sans pour autant se créer une foultitude d'occasions, à part le lob de Balotelli sauvé sur la ligne par Jagielka et le coup-franc de Pirlo sur la barre en fin de match.

Pourvu que ça dure

L'Architecte a encore été magique. Encenser Pirlo est quasiment une perte de temps. Tout ce qu'il a fait était marqué du sceau de la classe et son entente avec Verratti - et peut-être plus encore avec Thiago Motta qui lui permettait d'être un peu plus offensif - donne à la Nazionale des motifs d'espoir pour la suite de ce Mondial.

Maintenant, malgré la défaite je trouve que l'Angleterre, sur laquelle on n'avait finalement pas beaucoup de certitudes, a été convaincante, à l'image de son duo made in Liverpool Sturridge-Sterling. Ce dernier, tout juste âgé de 20 ans, a été magnifique d'audace sur son côté droit.

Franchement, je me suis vraiment régalé devant ce match. D'ailleurs, c'est toute cette Coupe du Monde qui, pour l'instant, est vraiment agréable à suivre. Des buts, des prises de risque, très peu de jeu dur : pourvu que ça dure. Au moins jusqu'à ce soir, que les Bleus aient le temps de s'en inspirer...


Pierrot