L’OM a touché le fond mais creuse encore…

Alors que Rennes et Lyon ont mis la pression sur Monaco, Marseille s’est enfoncé dans une insondable crise en se faisant ouvrir en deux dans un Vélodrome à deux doigts de l’explosion.

Sans faire injure à quiconque, l’info la plus stupéfiante de ce début de 31e journée, c’est l’incroyable défaite de l’OM, vendredi soir au Vélodrome. Une défaite face au Stade Rennais qui a rappelé un peu le Marseille-Lorient de l’an passé, le spectacle et l’ambiance en moins. Les groupes de supporters olympiens avaient décidé de boycotter les quinze premières minutes du match et ils ont eu du flair puisque, lorsqu’ils ont pénétré dans l’enceinte, leur équipe était déjà menée 3-0. Avec deux buts sur trois encaissés de façon scandaleuse. 

La frappe contrée de Dembélé, ce sont des choses qui arrivent. Mais sur le premier but, le rideau défensif phocéen se fait déchirer à la 4e minute comme s’il s’était fait contrer à la 90e. Et sur le second signé Diagne à la réception d’un coup-franc de Grosicki, l’absence totale de marquage est juste hallucinante. Cette équipe a soit totalement démissionné, soit lâché son coach, soit elle est tout simplement dépassée par les événements. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est pas à la hauteur de la passion que suscite ce club.

Alors après, que le public du Vel’ décide de s’en prendre à Florian Thauvin, je trouve ça assez saugrenu dans la mesure où ce garçon n’a que très peu joué depuis son retour en janvier et il a même eu le mérite de réduire la marque d’une jolie frappe. A ce moment-là, j’ai vraiment craint le pire, à savoir des incidents dans les gradins. Quels que soient les griefs que les supporters marseillais peuvent nourrir envers leur équipe, leur club, leurs dirigeants et surtout leur président, rien ne peut justifier ce qu’on a vu dans les tribunes, avec des mecs juste venus pour tout casser.

Un euro, un dollar, un yen ou un kopeck

Mais finalement, cette ambiance surréaliste a plutôt fait déjouer les Rennais. Sur une énorme erreur de Costil, l’OM est ainsi revenu à 3-2 mais ironiquement, c’est Mandanda, impérial depuis des semaines, qui a plombé les espoirs de remontée en commettant une boulette sur la frappe de Gourcuff. Un bon Gourcuff d’ailleurs, auteur de 65 minutes prometteuses, avant qu’un nouveau coup de génie de Dembélé n’offre à Sio l’occasion de donner au succès rennais des proportions invraisemblables. 

Ce soir, Basile Boli, l’ambassadeur de l’OM, sera notre invité au CFC. Je vais avoir beaucoup de questions à lui poser, sans en attendre des réponses très précises, car je ne suis pas certain que l’ami Basilou, placé là comme une sorte de statue du Commandeur, ait un quelconque pouvoir ou soit informé de ce qui se passe au niveau de l’avenir du club. Comme je le dis depuis plusieurs semaines, cet avenir s’annonce sombre. Et franchement, s’il y a un mec sur cette planète qui avait envie de mettre un euro, un dollar, un yen ou un kopeck dans ce club, en voyant ce qui s’est passé vendredi dans les tribunes, il doit déjà être en train de se dire qu’il vaut sans doute mieux les mettre à Leeds ou à Middlesbrough.

A part ça, on sent que la situation se tend considérablement dans le bas du tableau. On a vu des matchs déjà dramatiques, avec pour symbole un Reims-Guingamp au couteau. L’En-Avant a ouvert le score sur un joli but de Sankharé et a ensuite opposé une résistance héroïque face aux assauts incessants et désordonnés des Rémois, qui ont probablement perdu gros ce soir. Tout comme Toulouse, incapable de ramener quelque chose du Nord face à une équipe de Lille pourtant souffreteuse. 

Aulas et Fantomas

Dans les autres matchs, Angers a retrouvé le sourire en collant une phénoménale déculottée à une équipe de Lorient totalement hors du coup et qui n’a pas non plus été aidée avec un but entaché d’un hors-jeu et un pénalty concédé pour une faute en dehors de la surface. Et puis dans l’après-midi, les 80 premières minutes de Saint-Etienne - Montpellier ont réuni tout ce qu’on déteste en Ligue 1 : la faiblesse technique et le manque d’idées du côté des Verts, et une équipe venue pour faire 0-0 côté MHSC.

L’entrée de Roux à la place de Fantomas Soderlund a permis à Sainté de l’emporter. L’ancien Lillois s’est arraché pour ouvrir le score de la tête, avant d’offrir un but à Tannane, Eysseric clôturant la marque à la suite d’un joli mouvement pour un score final aux proportions assez extravagantes compte tenu de la pauvreté affligeante de ce qu’on a vu pendant 80 minutes. Il faudra aussi s’interroger sur les ambitions de Montpellier, qui s’était bien relancé au moment de l’arrivée de Hantz mais qui est en train de retomber dans une sorte de négation du football qui pourrait lui jouer des tours…

Et puis en soirée, Lyon est péniblement venu à bout d’une formation nantaise accrocheuse mais qui a cédé dans le money time sur un but du jeune Perrin après un déboulé de classe signé Ghezzal. L’OL était loin de ce qu’on l’a vu réaliser ces derniers temps en termes de jeu, mais ce succès ô combien important permet aux Gones de poursuivre leur infernale série au Parc OL et de mettre la pression sur Monaco, qui se déplace au Parc. J’avoue qu’en imaginant Jean-Michel Aulas regarder le match sur son canapé, l’écharpe du PSG autour du cou, je ne peux m’empêcher de sourire tout seul… 

Pierrot