La finale, c'est pour Evian

Les Lorientais se sont pris une belle tannée à Evian et ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Le genre de prestation qui aurait ulcéré Sir Alex...

J'avoue être pantois devant ce que j'ai vu hier soir sur la pelouse d'Annecy. Depuis son exploit en quart de finale face au PSG, Evian a traversé une période extrêmement difficile, au point qu'aujourd'hui sa place en Ligue 1 est grandement menacée. Alors qu'en face, Lorient était bien peinard avec sa place de 7e au classement. On pouvait donc penser que l'insouciance et le relâchement seraient bretons lors de cette demi-finale de Coupe de France.

On a vu tout le contraire. Evian s'est montré sérieux et surtout très réaliste, avec ces trois buts inscrits en une demi-heure et en 4 occasions, si on peut considérer la boulette de Lecomte comme une occase. En face Lorient a réalisé un premier acte d'une indigence… Je n'ai pas de mot pour qualifier ces 45 premières minutes des Merlus. Ah si, je pourrais dire "à l'extrême limite du foutage de gueule".

Quand tu as l'occasion d'aller en finale au Stade de France, que tu sais qu'en plus ce sera contre une équipe à ta portée, et que ton adversaire du soir est en plein doute, la moindre des choses c'est de sortir une prestation à la hauteur de l'événement. Mais les Lorientais ont joué beaucoup trop éloignés les uns des autres, sans cohérence et sans aucun soutien pour un Aliadière livré à lui-même.

Les Morbihanais n'oublieront pas non plus d'aller remercier Audard pour sa stupide claque - surtout vu son expérience - assénée à Valbuena qui l'a privé de cette demi-finale. Quand on voit le match du jeune Lecomte… Entre le deuxième but marqué par Sagbo sur lequel il n'est pas inoubliable et le troisième où il est carrément cataclysmique, on a vu l'importance que pouvait avoir le capitaine lorientais dans le rendement de son équipe.

Charismatique et caractériel

Rien n'a changé en deuxième période, avec des Lorientais toujours aussi peu dangereux face à des Hauts-Savoyards toujours aussi disciplinés derrière, avec un bon repli en deux lignes de 4 à la perte de balle et une exploitation des espaces qui leur a même permis d'inscrire un 4e but. On pourrait donc se retrouver avec une finale ETG-ESTAC, soit deux équipes qui pourraient descendre en Ligue 2. Encore un signe accablant sur la santé de notre foot de clubs.

Quand je vois ces équipes - dont Lorient était la tragique incarnation hier soir - qui prennent tout ce qui n'est pas le championnat par-dessus la jambe, je me demande bien à quoi ça sert de s'emmerder à aller jusqu'en demi-finale pour sortir ce genre de match.

Et puis un petit mot pour finir sur la retraite annoncée de Ferguson et son remplacement par David Moyes qui sera probablement officialisé dans la journée. Alors j'ai rigolé quasiment toute la journée en entendant les noms qu'on annonçait pour succéder à l'Ecossais : Mourinho, Blanc etc. On oubliait un truc : en Angleterre, on fait dans le… britannique. Moyes a quand même été élu trois fois meilleur coach de Premier League et est tout à fait dans l'esprit United.

Evidemment, la succession d'un coach aussi charismatique, caractériel et doté d'un tel palmarès ne s'annonce pas des plus simples. Car c'est une immense figure du foot anglais qui s'en va. Une formule lui est consacrée outre-Manche. Elle dit, en gros : "Sir Alex Ferguson, 2 Ligues des Champions, 13 titres de Champion d'Angleterre, 5 Cups, 4 League Cups, 10 Community Shields… et 1 chewing-gum !"

Cette phrase me fait toujours sourire...

Pierrot