La pression est partout

Que ce soit en haut ou en bas, la pression se fait davantage sentir en cette fin de championnat. Si Lyon et Monaco se sont offerts leur fameuse finale dans la douleur, Nice et Saint-Etienne ont craqué et lâché de précieux points. Du côté du maintien, ça s'annonce bien compliqué pour Reims au vu du calendrier.

Il faut croire qu'il y en a qui n'ont pas grand-chose à faire de leurs journées puisque la semaine a été principalement animée par la fameuse escapade à Las Vegas de quelques joueurs du PSG. Manque de professionnalisme, remise en cause de l'autorité, certains ont même affirmé que ça risquait de fausser la fin du championnat. On a vu vendredi soir à quel point ça faussait le championnat... Après une première mi-temps un peu compliquée contre une équipe de Rennes très regroupée derrière, l'ouverture du score nous a offert une excellente seconde période. Très certainement une des meilleures depuis bien longtemps pour le PSG. Comme par hasard, cela coïncide avec les retours en forme de Motta, Pastore et Verratti. Ces deux derniers, avec Marquinhos bien sûr, doivent être pleinement considérés comme l'avenir du PSG. En attendant, Ibra a encore marqué deux buts et surtout, les Parisiens ont offert un beau spectacle à leur public. Ils ne bradent absolument pas leur fin de championnat.

Au contraire de Nice et Saint-Etienne. De façon assez incompréhensible, les Aiglons ont été globalement inexistants à Nantes. Les milieux de terrain azuréens n'ont jamais réussi à mettre la balle au sol et Ben Arfa a été transparent pendant 80 minutes. Du coup, les Nantais, courageux comme souvent, ont fini par concrétiser après avoir été longtemps malchanceux devant le but. Ils ont touché trois fois les montants - par Sala puis Bedoya à deux reprises - avant de marquer un joli but sur une reprise en pivot de Thomasson après deux têtes azuréennes. Nice, qui n'a pas vraiment eu l'occasion de revenir derrière, perd des points précieux dans la lutte pour la troisième place. 

On pensait que les hommes de Claude Puel avaient raté leur match mais c'était avant de voir celui de Saint-Etienne. Les Stéphanois ont été absolument affligeants à Geoffroy-Guichard contre une équipe de Toulouse courageuse mais trop maladroite. Les Violets n'ont pas converti une seule des sept occasions nettes obtenues en première période, notamment un penalty. Sur ces sept occasions, Ruffier a été énorme, il a tout arrêté. Le penalty de Ben Yedder a été magnifiquement repoussé, tout comme la frappe enroulée de Somalia ou le plat du pied de Diop. Il valait mieux parce que du côté des Verts, offensivement et dans la construction du jeu, il n'y avait rien, absolument rien. En plus, ils ont perdu Perrin, qui a récolté le premier carton rouge de sa carrière en découpant Somalia en deux. Il manquera probablement les deux derniers matchs de championnat, contre Nice et Lille. En tout cas, quand on voit le classement de Saint-Etienne et la qualité du jeu, il y a de quoi être un peu effaré. Quant aux Toulousains, il va falloir qu'ils prennent six points dans les deux derniers matchs pour ne pas gâcher cette remontée fantastique entamée depuis l'arrivée de Dupraz.

Les jambes lyonnaises tremblaient

Des résultats liés sans doute à la pression. On a donc vu Nice déjouer à Nantes, Saint-Etienne faire un match catastrophique contre Toulouse et ça a continué le soir. Même si Monaco et Lyon se sont offerts cette fameuse finale de la 37ème journée, les deux matchs ont été compliqués. C'est d'ailleurs assez incompréhensible pour l'ASM, qui menait tranquillement 2-0 contre le fantôme de Guingamp avant de se faire peur en encaissant deux buts en fin de rencontre. Cependant, la domination monégasque durant la partie a été incontestable.

C'est loin d'être le cas en ce qui concerne l'OL, qui a certainement rendu sa plus mauvaise copie depuis qu'il joue dans son nouveau stade. Les Lyonnais ont tout de même réussi le petit miracle d'inscrire deux buts en première mi-temps, sur deux très mauvaises inspirations de Maury, le gardien d'Ajaccio. Il s'est d'abord déchiré sur un corner direct de Ghezzal avant de glisser sur un centre de Rafael pour Cornet. Seulement malgré le score, on n'a jamais retrouvé le jeu de passes rapides et les bonnes transitions habituelles de Lyon. Les hommes de Génésio n'ont pas eu une seule autre occasion cadrée dans cette partie et n'ont jamais vraiment trouvé Lacazette. Le Gazélec a réduit le score juste après la pause sur un superbe but de Pujol, ce qui a inévitablement créé de l'inquiétude chez les Gones. Ces derniers ont tout de même réussi à tenir le résultat jusqu'au bout mais il ne faudra pas oublier l'arrêt de Lopes sur Mayi en fin de partie. Dans l'ensemble, tout ça a été très pénible. 

Mais ça reste des problèmes de riches et pendant ce temps-là, certains ont des problèmes de pauvres. C'est notamment le cas de Reims, qui jouait un match décisif à Auguste Delaune contre Montpellier. David Guion, en charge de l'équipe depuis peu, avait aligné un onze pour créer du jeu. Le problème, c'est que les Champenois ont concédé l'ouverture du score. En manque de confiance et devant un public en colère - plus envers les dirigeants qu'envers les joueurs - les coéquipiers de Nicolas De Préville ont eu du mal. Mais en fin de match, ils ont cru au miracle suite à l'égalisation de la tête de Prince Oniangué. Joie de courte durée puisque les Rémois ont ensuite encaissé deux buts dans les cinq minutes suivantes. C'est invraisemblable. Comment une équipe, pour qui le moindre point est précieux en cette fin de saison, peut laisser des joueurs sans marquage sur un coup de pied arrêté en fin de match ? C'est dramatique. Quand on connait le calendrier des Champenois, qui vont aller à Marseille avant d'accueillir Lyon pour la dernière journée, on se dit que leur situation paraît plus que compromise. 

Le LOSC poursuit son incroyable remontée

Enfin, alors qu'on parle de tout le monde sauf d'eux, les Lillois ont encore été chercher trois points à Lorient sur un joli but de Rony Lopes. Pourtant, ils avaient perdu Boufal, énième victime de cet odieux synthétique. Il y a actuellement une certaine force chez les Dogues qu'on ne retrouve pas dans les autres clubs. Même la cruelle défaite en finale de la Coupe de la Ligue contre le PSG n'a pas altéré leur envie d'aller chercher une place européenne encore inespérée il y a quelques semaines. De leur côté, l'air de rien, les Merlus de Loïc Ferry glissent tranquillement à la 15ème place du championnat. Lui qui fanfaronnait quand son équipe était 4ème semble beaucoup moins bavard ces derniers temps. Il n'y a pas grand-chose de bien positif à retirer de cette soirée et quand on sait en plus que certains joueurs vont quitter le navire en fin de saison, on est en droit de se poser quelques questions. Même si la victoire de Montpellier à Reims a assuré à Lorient une présence en Ligue 1, on pouvait quand même espérer mieux de ce club qu'un maintien compliqué un soir de 36ème journée...

Pierrot