Le réalisme était lyonnais

Les deux matchs de l’après-midi ont confirmé la hiérarchie du moment avec les victoires de Nice et de Nantes. Les Aiglons l’ont emporté grâce à un but de Balotelli - un de plus - face à une équipe de Bordeaux où Gourvennec avait changé pas mal de choses : Prior remplaçait un Costil très décevant depuis son arrivée en Gironde et il présentait une formation avec à cinq défenseurs. Mais c’est surtout l’absence de Malcom, sur le banc au coup d’envoi car revenant de blessure, qui a pénalisé les Girondins. Sans son Brésilien, cette équipe n’est pas la même. Nice a bien maîtrisé l’ensemble de la rencontre et mérite ce succès qui le repositionne au classement, après des semaines difficiles.

À Nantes, les semaines se suivent et se ressemblent. On voit toujours aussi peu de jeu, pour ne pas dire pas de jeu du tout, mais ça continue à gagner. Moi, ça ne me plaît pas, même si je m’incline devant la science de Ranieri qui parvient à tirer 300% d’un effectif assez faible en qualité. Et je ne vois qui peut m’obliger à apprécier cette façon de jouer et certainement pas le community manager du club, qui utilise l’institution pour faire passer ses petits messages perso et faire son petit buzz moisi. Enfin bon, j’ai tellement l’habitude d’être attaqué qu’aujourd’hui, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre…

Nantes s’est imposé sur un penalty de Sala face à une équipe d’Angers qui n’existe pas offensivement, à l’image de Crivelli qui est très décevant depuis son arrivée en Anjou. Maintenant, il y avait peut-être une ou deux situations sur lesquelles les hommes de Moulin étaient en droit de réclamer un penalty. C’est comme cela que s’écrit le scénario d’une équipe qui a de la réussite et celui d’une autre qui n’en a pas.

Lopes merveilleux, Gustavo impérial

Et puis on attendait beaucoup du Lyon-Marseille de 21h, avec deux équipes offensives et bien classées et… on a été un peu déçu. Par le niveau technique général, mais surtout par le déroulé du match. Parce qu’évidemment, l’énorme faute de main de Mandanda dès la 6e minute sur un coup-franc inoffensif de Fekir a totalement changé la donne. Je pense qu’inconsciemment, cette ouverture du score très précoce a poussé les Lyonnais à reculer et à laisser l’initiative du jeu aux Marseillais, qui se sont procurés de belles occasions, avec notamment cette tête de Rami et cette reprise d’Ocampos parfaitement sorties par un Lopes déjà merveilleux.

L’OL a su rectifier le tir dès la reprise et a marqué à nouveau à la 6e minute de cette seconde mi-temps par Diaz, auteur d’un solide coup de boule à la réception d’un joli centre exter’ pied gauche de Cornet. L’avant-centre lyonnais est toujours aussi ulcérant dans le jeu, mais il plante. Après tout, il est là pour ça. Ce second but a mis un coup au moral des Marseillais, qui ont pourtant essayé de revenir jusqu’au bout, avec une frappe sur le poteau de Sanson, une autre de Luiz Gustavo détournée par Lopes et plusieurs situations chaudes.

Pour la première fois de la saison, les Phocéens n’ont donc pas marqué. Ils n’ont cependant pas à rougir de leur prestation, qui est même porteuse d’espoirs quant à la qualité de jeu. Mais la réalité c’est que c’est l’OL qui a su se montrer réaliste. Et puis dans un match de ce niveau, on a peut-être vu les limites d’un Germain, qui n’a pas existé et a même été déficient sur le plan technique. Thauvin a également déçu, à la différence d’un Gustavo une nouvelle fois impérial au milieu. Côté lyonnais, Lopes a été l’homme du match, Marcelo s’est montré infranchissable et Fekir a pesé sur le jeu, surtout après le repos lorsqu’il a un peu plus décroché pour participer aux remontées de balle.

Pierrot