Les aventures d'Ibra et Dédé

C'était un dimanche réservé aux avants-centres. Deux en particulier : celui de l'OM et celui du PSG. Ou comment Ibra et Dédé ont assuré le spectacle, chacun à sa manière...

Vous ne m'en voudrez pas j'espère, de passer assez rapidement sur Bordeaux-Nice. On se doutait que les Girondins seraient usés physiquement après leur intense match face à l'Etoile Rouge de Belgrade en Europa League. Pourtant, les hommes de Gillot avaient réussi le plus dur en ouvrant le score à 5 minutes de la fin grâce à but curieux signé Saivet, qui a bien profité de l'inattention de la défense niçoise pour placer sa tête.

Mais en parlant d'inattention, que dire de celle de Carrasso, qui a relancé trop rapidement, vu revenir le ballon 15 secondes plus tard et se trouvait encore au beau milieu de sa surface au moment du lob de Traoré ? Compte tenu de ce qui s'est passé jeudi soir en leur faveur, les Girondins auraient dû retenir la leçon et se méfier du money time. Freinés, les Girondins laissent donc l'OM seul en tête du classement.

Car les Olympiens eux, ont parfaitement géré leur match face à Rennes. Avec une qualité de jeu pas étourdissante mais en net progrès et une organisation défensive qui semble poser pas mal de problèmes à leurs adversaires. Hormis l'exploit de Féret sur l'égalisation rennaise, les Bretons ne se sont jamais montrés dangereux. Vous me direz, c'est Rennes… Oui, c'est bien cette équipe désespérante dans la construction du jeu et sans caractère dont on parle.

Dédé is back

Toujours est-il que malgré cette prestation bien terne le Stade Rennais semblait se diriger vers un match nul immérité lorsque Gignac est entré en scène avec ce but sensationnel et typique du joueur en forme et en totale confiance. Ca fait quelques matchs qu'on dit que Gignac est sur le chemin du retour. Mais un but facile de la tête contre Sochaux et un autre chanceux à Montpellier, ça ne suffisait pas.

Cette fois, on peut le dire : "Dédé is back". Car au-delà de son but, il s'est procuré des occasions, est dans le coup sur le but de Morel et est resté menaçant pendant tout le match. L'ancien toulousain est transfiguré et est pour beaucoup dans le meilleur départ de l'OM depuis 1933, avec 4 victoires consécutives. Vu l'intersaison marseillaise, un tel début de championnat est aussi surprenant que réjouissant.

En attendant le Clasico début octobre, on guettait la réplique du PSG dans le premier gros choc de la saison. Face à des Lillois eux aussi éreintés après leur marathon danois de mercredi dernier, Paris a inscrit le but le plus rapide de la saison au bout de 27 secondes de jeu : 11 passes et une construction limpide après le coup d'envoi et Ibrahimovic a montré pourquoi on le paye aussi cher en glissant le ballon au ras du poteau.

Chedjou - monstrueux tout au long du match - a presqu'aussitôt égalisé mais sur le seul éclair de lucidité du match de Pastore, Paris a vite repris l'avantage grâce au deuxième but d'Ibra, qui s'est joué de Landreau comme à la parade. Il faut le reconnaître : la prestation du Suédois a été gigantesque. Au-delà de son doublé, tout ce qu'il a fait était juste, propre, puissant et inventif. Un régal.

Zlatan, ça fait du bien...

Il faut dire qu'il est bien aidé par le nouveau système à deux pointes mis en place par Ancelotti. Dans cette formule et avec deux latéraux offensifs qui exploitent bien les côtés, le PSG est beaucoup plus dangereux. Et dans ce rôle de deuxième pointe, Ménez s'est avéré précieux et a fait beaucoup d'effort, y compris dans le replacement et le harcèlement défensifs.

Alors bien sûr, c'est encore loin d'être parfait. Au milieu de terrain, ce n'était pas toujours ça. Thiago Motta a été bon, mais Verratti et Pastore se sont livrés à un concours inutile de grigris tout aussi inutiles. Reste que ce match peut être considéré comme fondateur pour Paris, même si le club de la capitale a évolué dans un contexte qu'il ne retrouvera pas souvent cette saison, à savoir affronter une équipe qui joue.

Et c'est bien là tout le problème. Bordeaux et Ajaccio ont bétonné, ils ont pris un point. Lille a joué et a perdu. Le message envoyé aux autres équipes est malheureusement clair… Je terminerai ce post en revenant l'espace de quelques lignes sur le tapage et le buzz fait autour du salaire de Zlatan : hier soir, on a vu pourquoi ce genre de joueur gagne ce qu'il gagne. Et franchement, ça fait du bien d'avoir un mec comme ça dans une Ligue 1 qui s'est encore bien appauvrie pendant les derniers jours du mercato…


Pierrot