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Lille avec son coeur

Lille s'est fait violence. Lille a souffert. Mais Lille a triomphé. Tout comme le Real, mais dans un autre style. Belle soirée de foot...

Je vais employer une expression assez banale mais tout à fait opportune pour qualifier la victoire du LOSC sur Copenhague : les Lillois ont obtenu leur billet pour la plus prestigieuse des compétitions "en allant au bout d'eux-mêmes". Oui, ce match face à de coriaces Danois a été compliqué à gérer pour ce nouveau Lille qui cherche encore son style.

Car il faut se rendre à l'évidence et ceux qui ont vu les trois derniers matchs de Chelsea ont déjà pu s'en rendre compte : Eden Hazard ne se remplace pas. On ne va pas passer 107 ans là-dessus, mais il est clair que Lille doit apprendre à faire sans son prodige belge et que cette équipe est totalement différente aujourd'hui. Un match compliqué également à cause de l'enjeu qui l'entourait.

D'un point de vue financier, ce match "pesait" environ 20 % du budget du club. Avec cette manne, le LOSC va pouvoir "faire" un voire deux joueurs si Debuchy file au Real comme la rumeur le laisse entendre. Et l'idéal serait peut-être de trouver un attaquant s'approchant du profil de Gervinho. Car ce qui manque le plus au Lille 2012-2013, c'est de la percussion devant.

Il n'y a d'ailleurs rien de surprenant à ce que ce soit le Nordiste le plus percutant - le petit Digne - qui ait ouvert le score en étant à la conclusion d'une des seules actions potables en 120 minutes de Kalou. Lille a du mal parce que la préparation des actions est trop lente au milieu, parce qu'il y a trop de touches de balle et que ça manque pardfois de spontanéité. Martin notamment, a disparu de la circulation bien trop tôt.

Ebouriffant Real

Payet est celui qui doit être capable de rentrer dans la surface adverse balle au pied mais il ne le fait pas encore assez souvent. Du coup, le LOSC s'en est le plus souvent remis au jeu aérien de De Melo, qui a réussi à placer trois têtes pendant tout le match. La première juste à côté, la seconde sur la transversale et la troisième au fond, à la réception d'un joli centre de Roux.

Derrière, on a pu voir que quand Basa est là, c'est quand même autre chose que Rozenhal et la charnière est à créditer d'une très bonne prestation. Au milieu, Mavuba a été monstrueux et Landreau - qui fêtait son retour bien mérité chez les Bleus - a sorti les arrêts qu'il fallait. Au final, la qualif' de ce club éminemment sympathique fait globalement plaisir à tout le monde.

Alors évidemment, ce match âpre et ces 120 minutes de débauche d'énergie physique et mentale vont peser sur les organismes des joueurs de Rudi Garcia, qui pourraient connaître une fin de match difficile dimanche soir au Grand Stade face au PSG. A moins que le vent d'euphorie qui porte le LOSC après cette victoire cruciale ne gomme la fatigue…

L'autre match de la soirée se jouait au Bernabeu et en terme de jeu, c'était évidemment d'un tout autre niveau. Avec une grande première : pour la première fois depuis son arrivée à la tête de la Casa Blanca, Mourinho a remporté un Clasico à domicile. Un match passionnant de bout en bout, avec deux mi-temps très différentes. La première était clairement à l'avantage d'un Real ébouriffant.

Pur régal

Les Madrilènes ont ouvert le score en profitant d'une grosse erreur de Mascherano et ont rapidement doublé la mise grâce à la complicité du duo Piqué-Valdes, le gardien catalan se permettant de faire une deuxième faute de main en deux matchs. Après l'aller, Vilanova avait dit que Valdes était le meilleur gardien du Monde. Il ferait bien de regarder le Real : il se rendrait compte qu'il y a beaucoup, beaucoup mieux chez l'ennemi intime.

Bref, toujours est-il qu'à 2-0 et avec l'expulsion d'Adriano, le Real - qui étouffait le Barça avec un pressing très haut - est passé plusieurs fois tout près du 3-0. Mais contre toute attente, le Barça a réduit le score juste avant la pause sur une merveille de coup-franc d'un Messi remarquable de bout en bout. Un but qui a relancé le match et laissé place à un tout autre scénario après le repos.

Les hommes de Mourinho ont alors laissé le ballon aux Blaugrana, ce qui aurait pu leur coûter cher si Casillas n'avait pas sorti le grand jeu face à Pedro et si Messi n'avait pas raté le cadre à l'ultime seconde. Quoi qu'il en soit, ce premier trophée chipé au Barça lance la saison du Real, même si les cinq points de retard concédés aux Catalans en deux matchs de Liga sont probablement plus importants aux yeux de Mourinho, qui a quitté le terrain dès le coup de sifflet final.

Ce qui est sûr, c'est que ces matchs entre le Real et le Barça, lorsqu'ils ne sont pas pourris par le jeu dur, sont de purs régals à regarder. On y voit du foot de très haute qualité et des joueurs immenses. Et notamment Xabi Alonso, qui a pour moi largement dominé les débats lors de ce deuxième Clasico de la saison. Il y en aura d'autres...

Pierrot