Lyon n'y est plus

Ce dimanche a commencé par la victoire importantissime de Strasbourg face à Troyes. Victoire qui permet aux Alsaciens de prendre 4 à 6 points d’avance sur ses poursuivants. Alors on ne peut pas dire que sur une pelouse absolument inommable, la qualité de jeu du Racing ait été flamboyante. Un peu comme l’an dernier en Ligue 2, Strasbourg n’a pas un fond de jeu exceptionnel, mais Strasbourg marque des buts. C’est l’excellent Aholou qui a inscrit le premier hier, d’une frappe enroulée du droit alors qu’il est gaucher. Le second est venu de Blayac, qui a bien exploité l’hésitation de Giraudon. Au final, ce n’était pas joli-joli à regarder, mais c’était très important pour le RCSA.

À Nantes, on cultive désormais le paradoxe. Quand le jeu nantais était ennuyeux à mourir, les Canaris gagnaient tous leurs matchs 1-0 et les supporters trouvaient ça formidable. Là, on voit beaucoup plus de jeu et de spectacle, j’ai personnellement pris beaucoup de plaisir à regarder ce Nantes-Lille, le problème c’est que ce match Nantes ne l’a pas gagné. C’est d’autant plus rageant pour les hommes de Ranieri qu’ils ont mené deux fois au score. Sala a signé un joli doublé dont un but de la tête sur une merveille de centre de Lima. Mais le LOSC a égalisé une première fois par Mothiba, de retour de prêt de Valenciennes, Pépé se chargeant de la seconde égalisation d’un joli tir enveloppé du gauche. Ce nul ne change pas grand chose aux affaires nordistes, mais ça reste un bon résultat pour les joueurs de Galtier d’aller partager les points à la Beaujoire.

Mug et bloc bas

Et puis, avant même de parler du match, je note que Lyon a bien fait d’éditer un mug pour célébrer la victoire en championnat face au PSG : depuis, l’OL a perdu les trois matchs de championnat qui ont suivi. Les Lyonnais se sont fait surprendre par une équipe de Rennes qui, comme d’habitude, est toujours là où on ne l’attend pas. Les Bretons menaient au score à la mi-temps grâce à un but de Khazri consécutif à une énorme erreur de Marcelo dès la 5e minute de jeu. Derrière, les Lyonnais ont été incapables de réagir. Méconnaissables, à l’image de Fekir et Mariano totalement englués dans les deux lignes de quatre joueurs hérissées devant la surface rennaise. L’OL jouait sans agressivité, sans vitesse et sans prise de risque.

Après le repos, Génésio a changé beaucoup de choses. Depay et Aouar ont remplacé Mariano et Tousart, histoire de jouer plus vite vers l’avant. Et cela a marché, le second acte rhodanien étant nettement plus probant, avec beaucoup d’occases. Évidemment, le tournant du match c’est ce penalty énorme provoqué par Gélin devant Fekir que monsieur Delerue, qui était pourtant à 5 mètres de l’action, n’a pas jugé utile de siffler - ce qui n’excuse pas la colère et les insultes de Fekir à l’encontre des arbitres. Oui, c’était nettement mieux côté lyonnais en seconde période mais au final, c’est Rennes qui a enfoncé le clou avec un but anecdotique de Léa-Siliki dans les arrêts de jeu.

Ce qui l’est moins, c’est le classement des Lyonnais, qui sont désormais à 4 points de Marseille et 5 de Monaco et vont avoir de moins en moins le droit à l’erreur. On s’aperçoit que l’OL laisse beaucoup trop de points au Groupama Stadium et se retrouve systématiquement en difficulté face aux équipes qui évoluent avec un bloc bas. La situation s’obscurcit pour Lyon mais on va se garder de tirer des enseignements trop définitifs. D’abord, il reste encore 39 points à prendre pour tout le monde. Et puis, cette course au podium nous a déjà réservé beaucoup de rebondissements ces dernières semaines…

Pierrot