Lyon, roi du twist final

Journée importante dans la course à la 3e place hier, avec un LOSC qui repart de l'avant, des Verts qui calent et un OL en mode Usual Suspects.

J'ai une affectueuse pensée ce soir, pour celui qui, à la 90e minute de Bordeaux-Lyon - sans doute effaré par la pauvreté du spectacle proposé -, a changé de chaîne ou est allé chercher un yaourt dans le frigo. Le mec revient dans le salon et s'aperçoit que Lyon a gagné ! Sans être brillants loin de là, les Lyonnais ont réussi un incroyable retournement de situation à Chaban-Delmas, en marquant deux fois dans les arrêts de jeu.

Cette équipe bordelaise est vraiment désespérante. Pourtant, les hommes de Gillot ont livré un bon premier quart d'heure, en profitant du choix bizarre de Garde de jouer avec cinq défenseurs. Quinze minutes émaillées de jolis mouvements et surtout de l'ouverture du score de Saivet, d'une belle tête croisée à la réception d'un centre de Mariano. 

Le technicien rhodanien a alors très rapidement revu ses plans en faisant sortir un défenseur central (Koné) pour faire entrer un attaquant de côté (Briand). Honnêtement, ça n'a pas changé grand chose. Mais même s'ils ont sorti un vilain match, les Lyonnais ont au moins le mérite d'avoir essayé de faire quelque chose, alors que Bordeaux s'est contenté de gérer son but d'avance en espérant que ça suffirait. Ça a suffi jusqu'au temps additionnel. 

Un gros défaut

Un coup de boutoir du très méritant Bedimo et un superbe but de la tête du jeune Tolisso sur un centre parfait de Gonalons ont offert à l'OL une victoire inespérée. Inespérée mais pas imméritée. Car même s'il leur manque des joueurs, même s'ils sont fatigués par l'accumulation des matchs, les Gones essaient encore et toujours de faire du jeu et d'attaquer.Tout le monde a le droit de rater son match. Mais refuser de jouer comme Bordeaux l'a encore fait hier soir, c'est insupportable. Quelque part, que les Girondins soient punis est assez "moral".

Un peu plus tôt, dans la lutte pour la 3e place, Lille a confirmé un mieux au niveau comptable (11 points lors des 5 derniers matchs). Le LOSC a très facilement disposé d'une équipe de Montpellier totalement hors du coup. Ça s'est senti quasiment dès les premières minutes du match. Jamais les Héraultais n'ont été dans le tempo, ne serait-ce qu'au niveau de la transmission. 

Et puis ils ont un gros défaut : ils sont d'une faiblesse affligeante sur les coups de pied arrêtés. L'ouverture du score de Basa sur le coup-franc rentrant de Balmont, ce n'est pas possible, il n'y a aucun marquage ! Sur le second but nordiste - encore un coup de pied arrêté - trois Lillois touchent le ballon en pleine surface au milieu de six Montpelliérains totalement amorphes.

C'est assez incompréhensible et Lille, sans trop forcer son talent, l'a emporté très tranquillement et fait une bonne opération, même si les joueurs de Girard ont sans doute cru en faire une encore meilleure jusqu'à la 91e minute de Bordeaux-Lyon. 

Le sourire dimanche prochain

Et puis Saint-Etienne s'est très logiquement fait battre à Lorient. Alors OK, ça ne doit pas être évident de passer du champ de labour de Geoffroy-Guichard au synthétique du Moustoir. Mais toujours est-il qu'à part une belle frappe d'Hamouma, les Verts n'ont pas existé et sans un Ruffier en forme internationale, ils auraient pu quitter la Bretagne avec une belle correction.

Ils se sont finalement inclinés sur un pénalty, stupidement concédé par Guilavogui - auteur d'une improbable main volontaire à l'orée des arrêts de jeu - et transformé par Aliadière. Les hommes de Galtier sont passés complètement à côté de leur match et on constate que face à une équipe dont le mouvement perpétuel est la marque de fabrique, leur impact physique s'en trouve considérablement amoindri.

La semaine prochaine, on aura encore droit à des matchs déterminants. Lyon jouera une grosse partie de son destin avec la réception de Monaco, en espérant pour Garde qu'il puisse récupérer des joueurs, notamment Gourcuff et Grenier. Les Verts eux, iront au Parc. Il est bien possible que les Lillois aient encore le sourire dimanche prochain… 

 

Pierrot