Mitroglou, divorce à la grecque ?

Alors que l’Olympique de Marseille se déplace à Rennes, samedi (17h, Canal +), pour la reprise de la Ligue 1, la situation de l’attaquant grec est au cœur des débats. Décrié par les observateurs et par ses propres supporters, Mitroglou semble confirmer l’étiquette de « panic buy » dont il a hérité à son arrivée.

Pour juger les premiers mois de Kostas Mitroglou en France, il faut se souvenir du contexte dans lequel l’attaquant hellène a débarqué. Alors que l’OM perd violemment à Monaco et que la fin d’un mercato jusque-là jugé frileux approche, Mitroglou est acheté dans l’urgence pour 15 millions d’euros. Une somme certes conséquente, d’autant plus qu’il s’agit de la moitié des droits sportifs du joueur, mais bien loin des montants des fameux « grands attaquants » évoqués par le président Eyraud. L’histoire d’amour entre Mitroglou et l’OM démarre mal puisque le buteur débarque sur la Cannebière avec une blessure aux ischio-jambiers et une indisponibilité de plusieurs semaines. Déjà, les premières railleries apparaissent en même temps que les premiers doutes.

S’il ne fallait pas s’attendre à l’arrivée d’un attaquant hors-pair comptant parmi les tous meilleurs, la carrière de l’attaquant de 29 ans n’a rien d’une escroquerie non plus. International avec la Grece à 58 reprises (pour 16 buts), Mitroglou a laissé son empreinte sur les championnats grecs et portugais, avec l’Olympiakos puis Benfica. 81 buts en 183 matches avec le club du Pirée, 52 en 88 rencontres à Lisbonne, et à chaque fois l’image et la réputation d’un attaquant respecté. Seul son exil anglais en 2014 aura tourné au cauchemar et après seulement 3 apparitions à Fulham et sept petits mois en Angleterre, Mitroglou retourne à L’Olympiakos.

Aujourd’hui, du côté de la Cannebière on doit se dire que la situation de Mitroglou ressemble davantage à celle vécue par le Grec avec les Cottagers. Après un but lors de sa première titularisation à Strasbourg, Mitroglou enchaine les prestations quelconques. A tel point qu’il sort de l’équipe titulaire au profit d’un autre attaquant en méforme en la personne de Valère Germain. Manque de chance pour Mitroglou, l’attaquant français inscrit un doublé pour son retour face à Saint-Etienne.

Entériner l’échec ou persister ?

La situation se dégrade à tel point que lors de sa sortie face à Valenciennes dimanche dernier en Coupe de France, Mitroglou reçoit une puissante bronca du Vélodrome. Positionné aux côtés de Germain, dans un système qui aurait dû correspondre aux qualités de Mitroglou, ce dernier a été inexistant jusqu’à son remplacement par Thauvin à l’heure de jeu (8 ballons touchés). Afin éteindre l’incendie naissant, Rudi Garcia a récemment déclaré à plusieurs reprises son intention de garder Mitroglou cet hiver et de l’aider à passer cette mauvaise période. Reprenant les propos de Jean-Pierre Papin, indulgent avec Mitroglou, Rudi Garcia a confirmé que la méforme du buteur n’était pas son unique responsabilité en pointant du doigt le manque de ballon et de soutien dont Mitroglou bénéficiait dans la surface. En somme, le coach olympien protège son joueur mais la rencontre à Rennes pourrait donner une première indication de la réelle considération que porte le technicien olympien à son attaquant grec. Si le système repasse à une pointe, et que celle-ci se trouve être Germain, le sombre horizon de Mitroglou ne risque pas de s’éclaircir.

Pour remplir ses objectifs et participer à la prochaine Ligue des champions, l’OM sait qu’il se doit de posséder un attaquant capable d’inscrire 15-20 buts dans une saison, et pour l’instant Mitroglou ne donne aucune garantie. Le problème pour Marseille c’est que pour envisager l’arrivée d’un buteur, il faudra d’abord se séparer de Mitroglou et de son imposant salaire. Mais comme l’a rappelé Rudi Garcia, l’attaquant grec n’est pas le premier à connaître des difficultés pour ses débuts phocéens. Reste à savoir si Garcia aura la patience pour transformer Mitroglou en Gignac. Ou en « JPP » mais je n’ose le citer.

Emmanuel Trumer