Paris, contrat rempli

Face à une équipe lyonnaise encore loin d'être ridicule, le PSG a empoché son deuxième trophée de la saison après celui des Champions, l'été dernier. Mais depuis Chelsea, cette équipe n'est plus la même.

Depuis l'été dernier, on connaît les exigences des dirigeants parisiens : faire mieux que la saison dernière. En étant quart de finaliste de la Ligue des Champions, champion de France et vainqueur de la Coupe de la Ligue, le PSG est dans ses temps de passage, même si l'élimination à Chelsea et la défaite à Gerland ont clairement laissé des traces.

On l'a vu en début de match, lorsque Paris semblait vraiment crispé, à l'image de Thiago Silva qui, à plusieurs reprises, a montré que sa confiance en Douchez était très limitée. Contrairement au match de Gerland où Cavani avait touché le poteau, les Parisiens ont eu la réussite d'ouvrir le score par le même Cavani dès la 6e minute de jeu, à la conclusion d'un belle action collective impliquant Lavezzi et Maxwell.

A partir de là, Lyon s'est décidé à attendre - ce que Gomis a confirmé à la mi-temps -, or on s'aperçoit que toutes les équipes qui ont mis le PSG en difficulté cette année, c'est en leur rentrant dedans et en ne leur laissant pas le temps de faire leur popote au milieu. Evidemment, on parlera longtemps du 2e but parisien. Alors, il y a jeu dangereux de Lopes sur Lucas. Aucun doute là-dessus.

Et l'argument consistant à dire qu'il ne touche pas le petit Brésilien ne tient pas. S'il faut attendre qu'il y ait fracture ouverte pour siffler, alors il faut carrément changer de sport et passer à l'australian rules. Après, le problème c'est que ça se passe hors de la surface. Et les arbitres qui, malheureusement, n'ont pas la vidéo, ont surtout vu que Lucas était tombé DANS la surface. Malheureusement aussi pour les Lyonnais, qui ne sont vraiment pas aidés par l'arbitrage ces derniers temps.

Lyon : panache et qualité de jeu

Alors avec ce doublé, on aura droit au fameux "Cavani fait taire les critiques". Mais l'Uruguayen aurait vraiment fait taire les critiques s'il avait converti en but une passe en or de Lucas, au lieu de l'envoyer 4 mètres au-dessus. Ça pouvait sembler anecdotique à ce moment-là du match. Moins lorsque Lacazette, qui me semble tout de même être notre meilleur attaquant derrière Benzema - pour moi il n'y a pas de débat, il faut qu'il aille au Brésil - ne réduise le score sur une percée dans l'axe ponctuée d'une jolie frappe croisée de 25 mètres.

Derrière, l'OL a bien essayé de pousser un peu, mais j'ai l'impression que ce but lyonnais a plus crispé Paris qu'il n'a galvanisé Lyon. Hormis le tir sans angle de Fékir, les Gones n'ont pas eu d'autre réelle occasion de but, alors que les Parisiens auraient pu alourdir le score en contre dans les ultimes minutes du match, notamment pas Ménez.

On a longtemps dit que le joueur le plus important au PSG était Thiago Motta. On s'aperçoit aujourd'hui qu'il n'en est rien et que sans Ibra, cette équipe n'est plus la même. Le Suédois décroche beaucoup au milieu et, grâce à ses 100 ballons touchés par match - monstrueux pour un attaquant -, il apporte du liant et de la solidité dans la conservation de balle. Heureusement que Cavani s'est réveillé hier soir, car on se demande qui peut marquer des buts dans cette équipe. Ce sera d'ailleurs l'une des leçons à retenir de cette saison côté parisien, notamment pour aller plus haut au niveau européen.

Et puis un mot pour les Lyonnais qui, après les deux belles prestations devant la Juve et la victoire face au PSG, a encore livré un match de bon niveau. Avec, ne l'oublions pas, beaucoup d'absents. Dans la touchante tristesse (cf. Lopes) qui les étreignait après cette finale, la bonne nouvelle c'est que la 5e place du championnat devient qualificative, ce qui augmente considérablement les chances lyonnaises de finir européen. Et tout comme le PSG, s'il y a bien une équipe qu'on a envie de voir représenter la France la saison prochaine en Coupe d'Europe, c'est Lyon. Pour la qualité de jeu et le panache déployés tout au long de leur interminable saison…


Pierrot