Paris dans la douleur

Sans panache mais avec du caractère, le PSG a remporté une nouvelle Coupe de la Ligue au détriment de Lillois forcément frustrés. C'est une sorte de fatalité : sur la scène nationale, Paris ne laisse aucune miette.

Compte tenu de l'élimination en Ligue des Champions et de l'excellent parcours de Lille depuis maintenant près de trois mois en championnat, on se doutait que cette finale serait plus compliquée qu'il n'y paraissait pour Paris. Ça n'a pas loupé. Elle aurait pourtant pu être extrêmement simple si Di Maria, bien servi par Ibra, avait ouvert le score au bout de vingt secondes de jeu. Derrière, comme trop souvent, le PSG n'a pas concrétisé ses opportunités. Quand on voit le nombre de situations dangereuses, on se dit qu'il y a un souci. Paris doit prendre des joueurs capables de marquer des buts et ne pas simplement compter sur un seul. Ça reste la piste la plus importante à explorer.

Les Parisiens avaient pourtant ouvert le score sur un but qui a fait débat. J'avoue mes limites en technique d'arbitrage mais je réitère une nouvelle fois mon rejet chronique de cette loi du hors-jeu passif. Evidemment, au départ de l'action, Kurzawa est hors-jeu passif mais il revient en jeu au moment de la frappe de Pastore. Pour moi, ce but-là n'est pas valable. Seulement avec cette fameuse règle, c'est toujours aussi compliqué à décrypter. Quoi qu'il en soit, à la mi-temps, on pensait que le PSG avait trouvé sa zone de confort. Mais très rapidement, les Lillois ont su revenir au score. Sidibé a profité de l'erreur de Thiago Silva - qui a enlevé sa tête dans le mur - pour tromper Sirigu sur coup-franc. Ensuite, les Nordistes ont été vraiment très bons. Ils ont sevré le PSG de ballons et il n'y avait plus tellement de fil conducteur côté parisien, jusqu'à l'expulsion de Rabiot.

C'est dommage parce que le milieu de terrain a plutôt fait un bon match mais c'est lui qui provoque le coup-franc sur le but lillois et il se fait expulser pour une faute totalement inutile à 60 mètres de son but. Ce joueur fait trop de fautes. On se disait à cet instant du match que le PSG n'était pas bien engagé mais les Dogues ont fait une erreur. Sur un dégagement de Sirigu, Soumaoro est trop court de la tête et surtout, Enyeama manque complètement sa sortie. Malgré toute l'admiration que je lui porte, qu'est-ce qu'il va faire à trente mètres de son but ? Di Maria, inexistant jusque-là, en a profité pour offrir la victoire au PSG. On retiendra aussi une autre bonne nouvelle pour le club et pour le football en général : l'entrée de Marco Verratti. Il a dû toucher 15 ou 20 ballons mais il a montré l'impact qu'il a sur le jeu parisien et qu'il devra avoir la saison prochaine, une fois sa pubalgie complètement disparue.

Voilà, il n'y a pas grand-chose à dire de plus. Même sans joie, même sans un grand Ibrahimovic - qui n'avait pas l'air spécialement enjoué à l'idée de fêter ce nouveau titre - les Parisiens gagnent encore et toujours. Je ne sais pas s'il faut leur attacher les deux pieds avec leurs lacets pour qu'ils perdent mais... C'est forcément compliqué à avaler pour Lille, qui aurait difficilement pu tomber sur un PSG plus prenable. Une fois de plus, ça n'a pas suffit.

Lyon et Nice mettent la pression  

Cette finale de Coupe de la Ligue n'eclipse pas pour autant la Ligue 1 ce week-end. On le sait, la lutte pour la seconde place sera féroce jusqu'au bout. Deux prétendants jouaient avant la grosse série des matchs de dimanche. Nice s'est très facilement imposé contre une équipe de Reims totalement hors-sujet. Si les Niçois - à commencer par Alassane Pléa - avaient été un peu plus adroits devant le but, ils auraient même pu mettre une taule phénoménale aux Champenois. Certes Reims s'est vu refuser un but valable mais quelques minutes plus tard, Pléa couvert de deux mètres a été stoppé avant un duel face au gardien. Il y avait un écart abyssal entre ces deux équipes et Olivier Guégan l'a payé puisque il a pris la lourde ce samedi. C'est le 12ème changement d'entraîneur cette saison. Il faut reconnaître que l'OM y a mis du sien parce qu'il y en a eu quatre rien que sur la Canebière. Ça prouve bien que plusieurs clubs estiment avoir raté leur saison. Un constat absolument implacable. 

On attendait finalement beaucoup du Toulouse-Lyon de ce samedi avec des Toulousains en pleine résurrection depuis la mise en commando du colonel Dupraz. On n'a pas été déçu, on a vu un vrai bon match. Le TFC a été absolument épatant pendant 60 minutes et a ouvert le score sur une reprise de près de Tisserand suite à un corner. Un but arrivé juste après une interruption pour blessure de Lopes. Pendant une bonne partie de la rencontre, le système des locaux a très bien fonctionné. Braithwaite a mis la misère à Rafael sur le côté gauche. Doumbia, positionné juste derrière Ben Yedder, était le premier harceleur de la relance. Il a longtemps gêné l'organisation lyonnaise.

Finalement, comme l'a dit Etienne Didot sur le banc de touche, peut-être que Toulouse a ouvert le score trop tôt mais c'était déjà bien de marquer. C'est vrai qu'à partir de l'heure de jeu, on a senti que les efforts commençaient à peser très lourd sur les jambes toulousaines. Ensuite, Valbuena est sorti. Alors, on ne peut pas dire qu'il a rendu une copie individuelle catastrophique. Mais son problème, c'est qu'avec lui, Lyon ne joue pas en 4-3-3 et surtout, ce n'est pas un joueur qui joue en une touche. Avec lui, on n'aurait pas vu le deuxième but lyonnais, avec la passe à une touche de Ferri pour Lacazette. Je le dis depuis qu'il a signé dans le Rhône, Valbuena a un style de jeu complètement incompatible avec le style inculqué par la formation lyonnaise. Alors bien sûr que la fatigue des Toulousains et le but sur coup-franc de Grenier ont aidé les Gones, il y a une part de coïncidence. Mais il n'empêche que quand on regarde les stats de Valbuena cette saison, on voit bien qu'il y a un souci, ne serait-ce que dans son positionnement. On a vu à de nombreuses reprises Ghezzal venir jouer sur le côté de l'international français en seconde période. Ça n'a aucun sens.

Finalement, les Lyonnais, à défaut d'avoir été brillants pendant une heure, ont montré énormément de caractère. Ils ont prouvé qu'ils voulaient cette seconde place. Il faut désormais attendre le fameux Rennes-Monaco de ce dimanche. Ce sera la toute dernière chance des Bretons de se qualifier pour une Coupe d'Europe. On verra si Monaco laissera des plumes au stade de la Route de Lorient même si on peut penser que c'est une configuration assez idéale pour les hommes de Jardim. 

Pierrot