Paris étouffe le Classico

Mené, à 10 contre 11 et pas brillant dans le jeu, le PSG a renversé la situation et démontré qu'il existait une classe d'écart entre les deux équipes.

Il faut croire qu'on ne peut jamais voir un match de foot normal entre l'OM et le PSG. Celui-ci était plus fertile en rebondissements et en discussions sur des décisions d'arbitrage qu'en qualité de jeu. Evidemment, on va scinder cette rencontre en plusieurs parties. La première demi-heure d'abord, pendant laquelle la tactique olympienne était extrêmement claire : ne pas tourner en bourrique face à l'accumulation de passes parisiennes et ne pas se lancer dans un pressing qui aurait vite épuisé les Phocéens, a fortiori après 9 matchs en 23 jours.

Et ça a plutôt bien marché, puisqu'ils ont eu une double occasion puis ont ouvert le score sur un fait de jeu qui a beaucoup fait parler. Au départ, Thiago Motta doit penser qu'il peut contrôler le ballon de la poitrine mais il se retrouve à devoir l'amortir de la tête. L'Italien vient ensuite shooter dans le pied de Valbuena et provoquer un pénalty logique. En revanche, je ne vois pas d'explication à l'expulsion. Pour moi, il n'y a ni jeu dangereux ni anéantissement d'une occasion de but.

En menant au score, en supériorité numérique et face à un PSG très moyen, on pouvait penser que toutes les conditions étaient réunies pour que l'OM l'emporte. Mais bizarrement, les Olympiens n'ont pas cherché à faire fructifier cet avantage et n'ont pas pris plus de risques. Malheureusement pour eux, l'égalisation de Maxwell sur une mauvaise sortie de Mandanda est arrivée juste avant le repos.

Derrière, même à 10 contre 11, le PSG a eu la maîtrise du ballon, avec un milieu de terrain composé de deux mômes - Verratti et Rabiot - et d'un autre un peu plus âgé mais qui court pour 3. Et autant Andre Ayew avait fait preuve de sang-froid sur son péno, autant il a commis une faute aussi stupide qu'inutile sur Marquinhos qui a provoqué le pénalty vainqueur pour Paris. Au final, les Marseillais n'ont pas de regret à avoir, puisqu'ils ont perdu un match qu'ils n'ont jamais cherché à gagner.

Lyon explose en vol

Même sans livrer une grande prestation, Paris a fait preuve d'une maîtrise et d'un sang-froid à toute épreuve. Un mot sur monsieur Turpin, qui ne s'est pas trompé sur les deux pénos mais à qui on peut reprocher cette crise de cartonite aigüe. L'expulsion de Motta bien sûr, mais aussi les cartons très sévères infligés à Payet et à Fanni. Et que dire de ceux adressés à Ibra et Cavani ? Aller mettre un jaune à un joueur qui sort en marchant à la 81e minute alors qu'on pouvait rajouter 30 secondes d'arrêt de jeu, c'était un manque de discernement et une façon d'ajouter de la nervosité à la nervosité dans un match qui s'est disputé dans un état d'esprit plutôt correct.

Toujours est-il que le PSG sort d'une grosse série de matchs en un peu plus de trois semaines avec un bilan pas vilain : une qualification acquise aux 2/3 en Ligue des Champions et une première place ex-aequo avec un total assez énorme de 21 points en 9 matchs. Il faut revenir au Lyon des grandes années pour trouver trace d'un tel début de saison.

L'OL justement, a explosé en vol à Montpellier, balayé par le talent de Cabella - auteur de deux buts et deux passes décisives - mais aussi par sa propre indigence défensive. Aujourd'hui, Lyon est trop handicapé dans tous les secteurs de jeu. La charnière Fofana-Koné n'est même pas expérimentale. Elle n'est pas au niveau. Beaucoup de jeunes ne sont pas prêts et jouent en plus à des postes qui ne sont pas les leurs. Ajoutez à cela les nombreux blessés, ça fait beaucoup. Beaucoup trop. Alors évidemment, cette 14e place de l'OL est anecdotique. Le club rhodanien va récupérer pas mal de blessés et devrait remonter la pente. Mais la situation est quand même extrêmement délicate entre Rhône et Saône.

En parlant d'atmosphère lourde, le Bordeaux-Sochaux disputé en fin d'après-midi n'était pas mal non plus. Les Girondins ont largement dominé une équipe de Sochaux qui aura beaucoup de mal à se maintenir, même avec David Copperfield, Gérard Majax ou un exorciste sur le banc. Une défense comme ça, ce n'est juste pas possible. En face, la tactique des Bordelais était simple : tout balancer sur Diabaté, qui a bien gardé le ballon, a planté deux buts et a provoqué un péno. L'adversaire était très faible et est arrivé à point nommé pour Bordeaux, qui avait grand besoin de points et de buts. Pour les Lionceaux en revanche, je crains que la saison ne soit très, très compliquée…


Pierrot