Paris, la rage de vaincre

Le PSG n'a pas été particulièrement brillant dans le jeu hier soir, face à Olympiakos. Mais il a montré d'autres qualités tout aussi importantes pour viser haut...

On parle du Paris Saint-Germain, les grandes stars, les vedettes, les millions… C'est vrai. Evidemment, c'est vrai. Mais il y a quand même dans cette équipe un supplément d'âme qu'il n'y a pas chez les autres. Paris joue une mi-temps complète à 10 contre 11, l'Olympiakos égalise à 10 minutes de la fin, ce qui ne change rien au fait que le PSG est assuré d'être qualifié et premier du groupe… Et pourtant, les mecs s'arrachent pour aller chercher la victoire en toute fin de match.

Plus symbolique encore : cette petite pyramide humaine symbolisant la joie collective des Parisiens à l'issue du but décisif de Cavani. Les gars sont à bloc ! C'est ça qui m'épate le plus et ça m'a épaté dès le Trophée des Champions face à Bordeaux, avec ce but d'Alex dans les arrêts de jeu. Il fallait voir la joie des mecs. Si ce sont des stars surpayées, c'est aussi pour ça : parce qu'ils ne lâchent rien. En terme d'implication, c'est le jour et la nuit avec ce qu'a montré l'OM à l'Emirates mardi. Bien sûr qu'il y a un écart de moyens monstrueux. Mais la grinta, ça ne s'achète pas.

Ce match décisif face à Olympiakos, le PSG l'a très bien débuté, avec cette action devenue un classique : centre à ras de terre de Van Der Wiel pour la reprise à bout portant d'Ibra. Derrière, les hommes de Blanc ont dominé de façon assez écrasante, avec juste un petit coup de barre dont l'équipe grecque - de loin la meilleure du groupe après Paris - a profité en se créant quelques occasions, dont une par Mitroglou.

Après le repos, le match a très vite changé d'âme avec le deuxième carton jaune pour Verratti, au bout de 45 secondes de jeu. Alors autant le premier, consécutif à une flagrante main volontaire, me paraît tout à fait justifié, autant sur le second l'arbitre aurait pu se contenter d'un sévère avertissement verbal. Je dis bien "aurait pu", hein, ce n'est pas non plus le scandale du siècle. En même temps, l'ensemble de l'arbitrage délivré par monsieur Thomson a montré que le bonhomme était très tatillon. J'aimerais bien le voir arbitrer un match du championnat écossais comme ça, tiens…

Cavani, diable fruste

Toujours est-il que l'expulsion du fougueux Marco a provoqué un petit flottement dans l'équipe parisienne, qui est passée en 4-3-2 avec Rabiot en remplacement de Lavezzi. Puis Laurent Blanc a lancé Marquinhos pour sécuriser un peu l'entrejeu. Le jeune Brésilien n'est pas au marquage sur l'égalisation grecque - même s'il y a évidemment hors-jeu - mais il a su se racheter en délivrant une très belle passe à Cavani pour le second but parisien.

C'est un cas, ce Cavani. Je me suis attiré les foudres de quelques-uns en disant qu'il était parfois étonnamment faible techniquement. Mais je persiste et signe. Quelques minutes avant de marquer, il prend un carton jaune pour contestation après une mauvaise conduite de balle où il a mis le ballon en touche. Voilà, c'est un joueur infatigable et qui ne ménage pas ses efforts, mais il est un peu fruste techniquement. Sauf dans un cas non négligeable : devant le but. Là, c'est un diable. Cette pointe de pied sur son but, c'est le geste typique du buteur, du mec qui sait qu'il va marquer.

Le PSG est donc qualifié et assuré de terminer premier de sa poule au bout de 5 matchs. La moindre des choses dans un ce groupe largement à leur portée. A Benfica, comme Blanc l'a déjà annoncé, l'équipe va tourner. Verratti et Van Der Wiel suspendus, on peut s'attendre à voir Jallet et Rabiot. On devrait aussi avoir droit à Digne, Ménez, Lucas, voire Pastore, Ongenda et Camara. A eux de se mettre au diapason de ce PSG assez impressionnant de maîtrise et de rage de vaincre.

Pour le moment, ça suffit largement à Paris pour gagner, en Ligue 1 comme en Ligue des Champions. Il faudra quand même montrer autre chose lorsque le niveau des adversaires va s'élever, au printemps prochain…

Pierrot