Paris ne sait plus perdre

Les verts ont longtemps cru tenir la victoire... Mais cette saison, le PSG fait preuve de ressources mentales inépuisables et se retrouve co-leader avec Monaco.

Sans vouloir présager de ce qui va encore se passer d'ici la fin du championnat, je serais quand même assez étonné que le PSG soit plus mis en difficulté qu'il ne l'a été hier soir, à Geoffroy-Guichard. Car les Verts ont mis tous les ingrédients nécessaires pour gagner ce match, alternant les moments de pressing assez agressifs avec des périodes de replacement sans pressing pour abandonner le ballon aux Parisiens. La première mi-temps stéphanoise était donc parfaitement "dosée" d'un point de vue tactique et engagement. Mais aussi au niveau du réalisme.

Car les hommes de Galtier ont marqué sur leur seule frappe cadrée de la première période, Hamouma profitant d'une mauvaise relance de Marquinhos pour servir Corgnet, dont la frappe a laissé Sirigu sans réaction. On pouvait alors craindre que Paris réagisse et que Sainté souffre un peu plus après le repos. Ca n'a pas été le cas, les Foréziens parvenant même à faire le break, Hamouma profitant là encore des errements parisiens, entre la sortie ratée de Sirigu et la nouvelle très mauvaise relance de Marquinhos.

A ce moment-là, le PSG n'était pas au mieux. Et puis il y a eu ce fait de jeu avec l'expulsion de Lemoine. Les Stéphanois la contestent, évidemment. Perso, je ne trouve pas cette décision si sévère que cela. Parce que c'était la 4e faute de Lemoine, qu'il avait déjà un jaune et qu'il venait d'être averti verbalement pour une faute assez méchante sur Matuidi. Et là, il déséquilibre clairement et assez violemment Lavezzi. Alors bien sûr, le fait qu'il ait le cuir chevelu en sang fausse encore un peu plus l'impression, mais dans tous les cas cette expulsion n'est pas le scandale du siècle.

Et ce d'autant qu'il ne restait que 28 minutes à tenir pour les Verts, avec deux buts d'avance et à domicile. C'est le moment que Laurent Blanc a choisi pour faire un vrai choix de coach : sortir un arrière central pour faire entrer un attaquant, même à 0-2 peu d'entraîneurs le font. Ca a payé. Lucas et surtout Ménez ont apporté sur les côtés, Paris a d'abord réduit la marque sur une action bien construite conclue par Cavani au premier poteau, et l'égalisation est venue dans les arrêts de jeu par Matuidi, bien aidé par Cavani qui a gêné l'appréciation de Ruffier.

Progrès notables à Bordeaux

Il est sûr qu'à la fin de ce match, les Stéphanois peuvent se dire qu'ils sont passés à côté d'une victoire méritée et de prestige. C'est totalement vrai. Les Parisiens eux, pourront se dire qu'ils possèdent des ressources mentales élevées, et se reposer également sur leur 30e match consécutif sans connaître la défaite en Ligue 1. Ca commence à faire beaucoup.

Du coup, Paris est co-leader du championnat, puisqu'en fin d'après-midi, Monaco a battu Lyon grâce à deux jolis buts inscrits avant la pause : une demi-volée en drop extraordinaire d'Obbadi et un joli ballon piqué de Falcao. La seconde période a été un peu moins convaincante côté monégasque et les Lyonnais, qui récupèrent petit à petit quelques joueurs, ont été légèrement mieux. Mais encore loin du niveau requis pour briguer une place européenne. Ils ont quand même eu le mérite de réduire le score sur une tête de Gomis. Un but anecdotique dans ce match mais qui fait que Paris est leader en ayant encaissé un but de moins que l'ASM depuis le début de la saison.

Et puis en début d'après-midi, Bordeaux a nettement dominé une équipe de Montpellier trop timide, même si les buts girondins ont mis du temps à venir. Le premier a montré toute l'étendue des progrès accomplis par Diabaté, qui a ensuite anéanti ce bel effort en ratant l'immanquable à 5 mètres du but. Heureusement pour lui, un joli contre en solitaire d'Obraniak a scellé la victoire girondine. Un match qui, comme à Sainté, a basculé sur une expulsion : celle de Djebbour, pour s'être essuyé les crampons sur Orban.

Expulsion méritée, comme l'aurait été celle de Mariano, qui a envoyé un attentat sur la cheville de Cabella mais s'en est sorti avec un jaune. Enfin, toujours est-il que Bordeaux s'est montré très supérieur à Montpellier tout au long de la partie et enchaîne avec une deuxième victoire cette semaine, après celle obtenue en Europa League. Mais, plus important encore : on perçoit quelques progrès notables dans le jeu des hommes de Gillot…

Pierrot