Pourquoi Leo s'en va

Ca y est, Leo a mis les voiles. Honnêtement, on pouvait s'en douter.

Le départ annoncé ce midi du directeur sportif du PSG est à la fois un coup de théâtre et à la fois une non-surprise. Pour le grand public, c'est une nouvelle qui tombe très subitement. Quand on suit d'un peu plus près les affaires internes du PSG, on sait que cette démission était une vraie possibilité. En fait, pour comprendre il faut tout reprendre dans l'ordre.

Ce départ prend racine dans la mauvaise passe traversée par le PSG fin 2012. Après l'élimination en Coupe de la Ligue à Saint-Etienne, la défaite à Nice et juste avant le match crucial en Ligue des Champions face à Porto. A ce moment, Ancelotti et Leonardo étaient clairement menacés et le Brésilien était prêt à lâcher l'Italien et à prendre sa place sur le banc.

Carlo a assez brillamment sauvé sa tête mais n'a pas supporté cet épisode, comme il n'a pas supporté d'être convoqué plusieurs fois par le Prince pour s'entendre dire qu'il fallait gagner le prochain match sinon c'était la porte. Mais de toute façon, entre Leo et Ancelotti, c'était déjà terminé depuis un moment. Et il était clair que les Qatariens ne feraient rien pour retenir le Brésilien.

Incroyable maladresse

Après, il y a eu cet incident absolument incroyable avec monsieur Castro à la fin de PSG-VA. Alors chacun peut juger - selon son degré d'intérêt ou d'affection pour le PSG - s'il était opportun ou pas de lui infliger une si longue suspension et de l'aggraver encore en appel. Toujours est-il que, pour des Qatariens qui ont investi au PSG avant tout pour l'image, cet événement était évidemment très négatif. Et Leonardo s'en est trouvé fragilisé.

Après, ce garçon - dont on peut penser ce qu'on veut mais qui est d'une intelligence rare - a sûrement un plan B… à l'étranger. Car il y a un autre facteur à prendre en compte : Leo n'aimait ni la France ni le football français. Il n'a eu de cesse d'expliquer que le joueur français se préparait mal, s'entraînait mal, mangeait mal, n'avait pas l'esprit de compétition et a enchaîné les sorties au lance-flammes contre le foot hexagonal.

Alors passe encore qu'en certaines occasions, on n'ait peut-être pas bien compris ce qu'il voulait dire. Mais quand, à la sortie du match à Reims, il balance que cette équipe du PSG est faite pour la Coupe d'Europe et pas pour le championnat, le message est clair. Même si on peut comprendre ce qu'il voulait dire, c'est tout de même d'une maladresse incroyable.

Et quelque part, dans l'affaire Castro, le fait de ne pas s'être présenté la seconde fois devant la commission de discipline, de ne pas jamais avoir exprimé le moindre regret ou même simplement d'avoir cherché à donner une explication crédible à son geste n'a incité personne à la clémence. Donc aujourd'hui, il s'en va avec un bilan assez négatif, avec pour seul fait de gloire un titre de champion.

Un carnet de chèques suffit

Après, moi je veux bien qu'on me dise que c'est lui qui gère le recrutement du club. Mais entre nous, si mener le recrutement c'est aller à Naples pour demander le montant de la clause libératoire de Cavani et dire "bon OK, on va la payer", pas besoin d'avoir un talent de recruteur ou de négociateur inouï. Dénicher Verratti, OK. Mais pour aller chercher Ibra, Thiago Silva ou Cavani, pas besoin de carnet d'adresse. Un carnet de chèques suffit.

Maintenant, reste à voir ce qui va se passer. A priori, Leonardo devrait boucler le recrutement avant de partir, ce qui ne devrait pas non plus durer des lustres. On peut penser qu'un ou deux joueurs devraient rejoindre le PSG et que les négos sont déjà entamées. Et après ? Je ne suis pas certain que ce sera une priorité absolue pour le club de lui trouver un successeur.

Le fait qu'il n'y ait plus de directeur sportif au PSG peut aussi permettre aux dirigeants de rester en l'état pendant un an et de pouvoir proposer ensuite les pleins pouvoirs à un entraîneur de renommée internationale en fin de saison prochaine. S'ils en trouvent encore un qui a envie de signer dans un club qui, indépendamment des millions d'euros investis, est d'une étonnante instabilité...


Pierrot