Quelle tristesse

On attendait avec impatience de quitter les poules pour passer aux choses sérieuses dans cet Euro. Résultat ? Un pauvre 1-0, deux prolongations et beaucoup d'ennui lors des premiers huitièmes de finale. Ça promet...

On a vécu un beau samedi de Ligue 1 avec notamment deux matchs indignes d'une compétition du niveau de l'Euro. Des trois huitièmes de finale de ce samedi, le plus intéressant et le plus agréable a été le premier, entre la Suisse et la Pologne. Une Nati qui a vraiment été mal payée. Alors c'est vrai, les Helvètes se sont laissés un peu trop manoeuvrer en première mi-temps, au point de concéder l'ouverture du score sur un contre parfaitement conclu par Blaszczykowski.

Derrière, comme de nombreuses équipes, la Pologne est entrée dans une phase de gestion qui n'avait pas lieu d'être. Une situation qui a permis à la Suisse de s'enhardir et de se créer de plus en plus d'occasions au fil du match. Ça a commencé avec un coup-franc de Rodriguez merveilleusement repoussé par Fabianski. Il y a ensuite eu une barre transversale et une superbe parade du gardien sur une tête de Derdiyok en prolongations. Avant cela, il y avait évidemment eu le but de Shaqiri, un ciseau retourné en dehors de la surface qui est venu mourir au pied du poteau. Probablement le plus beau but depuis le début de l'Euro.

En seconde période, on sentait les Suisses plus forts physiquement. Et puis on s'apercevait surtout que les Polonais n'avaient aucun fil conducteur. Ils ont eu deux jours de récupération de moins que les Suisses mais le coach a attendu la prolongation pour faire un deuxième changement. C'est un peu étonnant. Quoi qu'il en soit, ça s'est joué aux tirs au but avec une tentative manquée de Xhaka. Une victoire compliquée pour la Pologne et une élimination imméritée pour la Suisse, qui a livré de très loin sa meilleure prestation de l'Euro lors de ce huitième de finale. 

Digne d'un match de National

Si on avait le droit d'être tout de même insatisfait de ce premier match, on ne savait pas encore ce qui nous attendait. Dans l'après-midi, le Pays de Galles affrontait l'Irlande du Nord. Evidemment, on ne s'attendait pas à un sommet footballistique mais à ce point-là... La première mi-temps ne valait même pas un match de National. Les deux équipes n'arrivaient pas à aligner deux passes. Alors, les grands connaisseurs du football expliqueront qu'en fait, tout ça n'est que de la tactique afin que le terrain soit bien quadrillé. Seulement devant un tel néant technique, il n'y a même pas besoin de quadriller le terrain puisque l'adversaire rend systématiquement le ballon. Finalement un match aussi moisi ne pouvait basculer que sur un but moisi, un contre son camp sur un bon centre tendu de Bale. 

On se disait après cette rencontre qu'en toute logique, on avait vécu le pire et qu'on allait avoir le droit à un vrai bon match avec ce Croatie-Portugal. Mais là, ça a été en-dessous de tout. Autant on peut être un peu indulgent avec les Gallois mais aussi et surtout les Irlandais du Nord qui n'ont pas de grosses individualités, autant dans ce dernier huitième de la journée, il y en avait partout de la qualité. Or, il a fallu attendre la 118ème minute pour voir un tir cadré.

Dans les grandes compétitions, il n'est pas rare qu'une équipe qui a réalisé un premier tour flamboyant explose tout de suite derrière. Ça a été le cas de la Croatie. Sur le plan individuel, les joueurs ont été loin de leur meilleur niveau. Rakitic et Mandzukic - transformé en super Fantômas - étaient en-dessous. Quant à Perisic, il n'a simplement pas renouvelé sa prestation accomplie contre l'Espagne. Enfin, concernant Modric, comment peut-on mettre un joueur de ce niveau au poste de sentinelle, à 80 mètres du but adverse ? Alors on est bien d'accord, c'est une grande compétition, on n'est pas là pour jouer les romantiques ou aligner quatre attaquants. Mais entre ça et le risque zéro, je pense qu'il y a un juste milieu. 

Le Portugal doit se libérer

Pendant longtemps, il ne s'est rien passé dans cette rencontre. On attendait plus que péniblement les tirs au but en se disant que le Portugal allait peut-être arriver en quart de finale sans remporter le moindre match. Et puis, au moment où la Croatie s'est créée sa meilleure occasion de la partie, les Portugais ont profité d'un contre suite à une erreur d'appréciation de Strinic pour l'emporter. Un contre qui s'est conclu sur une "passe" du pointu extrêmement chanceuse de Nani pour Ronaldo, qui a vu sa frappe repoussée par Subasic sur Quaresma.

Ce dernier est bien le Highlander du football portugais. C'est un joueur qui avait un talent fou à ses débuts et qui a été enterré 150 fois, bien souvent par sa faute. En plus d'avoir réalisé de superbes matchs de préparation, il a marqué un but décisif qui envoie les Portugais en quart de finale. On espère juste qu'après cette victoire, ces derniers prendront un peu plus de risques. Cette qualification pourrait leur permettre d'être un peu plus confiants et d'aligner dès le coup d'envoi des joueurs comme Renato Sanches, qui est quand même extrêmement prometteur. 

Ce dimanche, on espère avoir un peu plus de football, notamment avec les Bleus à 15h. Je ne peux pas dire que je sois d'un optimisme béat au vu de la qualité de jeu et des résultats proposés jusque-là. Je suis peut-être encore sous le coup des somnifères de ce samedi...

Pierrot