Un craquage Olympique

Et qui est-ce qui fait la bonne affaire du week-end après le nul de l'OM et la défaite de l'OL ? Le PSG, bien sûr... et Rennes, qui se replace après sa victoire convaincante devant Toulouse.

Zéro point pour l'OL, un seul pour l'OM, six pour le PSG. Les deux dernières journées de Ligue 1 ont été meurtrières pour les deux Olympique. On ne le saura que plus tard, mais ce début du mois de février a sans doute été décisif dans la lutte pour le titre. Car si Paris mène un train soutenu, ses deux adversaires n'arrivent plus à tenir le rythme. C'est d'abord Marseille qui s'est planté face à Evian.

Les Phocéens ont en effet concédé un nul médiocre à Annecy, où quasiment tout le monde est venu gagner ces derniers temps, les Savoyards étant bien meilleurs loin de leurs bases. C'est d'autant plus incompréhensible que lors des trente premières minutes, il n'y avait qu'une seule équipe sur le terrain. Je pensais alors que l'OM allait s'imposer très facilement, et puis il a suffi de deux corners et cette talonnade de Bérigaud repoussée sur sa ligne par Gignac pour que le match tourne.

Beaucoup moins dominateurs ensuite, les Marseillais ont pourtant réussi à ouvrir le score grâce à un très joli but de Gignac - bien servi par Valbuena - et se sont donc retrouvés, comme souvent à l'extérieur, dans une position idéale. Mais cinq minutes plus tard, coup de théâtre avec le péno concédé par Abdallah pour une faute indiscutable sur Khlifa. Après, il y a cette fameuse "annihilation d'une occasion de but manifeste" et le carton rouge qui va avec.

Exceptionnel Payet

Pour moi, cette double peine est une mauvaise règle. Mais l'arbitre doit l'appliquer parce que sinon, c'est lui qui est suspendu après. A dix contre onze, ce n'était déjà pas simple. A neuf encore moins, après l'expulsion de Jordan Ayew suite à deux cartons jaunes reçus en moins de deux minutes. Certains trouveront le premier sévère. C'est possible.

Il faut dire qu'après son laxisme sur l'horrible attentat d'Erhet sur Gignac et le coup de pompe du même Gignac sur un défenseur savoyard, monsieur Gautier a dû se dire qu'il était temps de sévir. Alors que pour le coup, un simple avertissement verbal aurait suffi. En revanche, la semelle sur Ninkovic méritait quasiment le rouge à elle seule. C'est dommage pour ce garçon, qui commençait à marquer régulièrement et semblait avoir enfin compris certaines exigences du haut niveau.

Au final, l'OM tourne vraiment au ralenti, et même si Romao et Kadir ont fait des entrées convaincantes - surtout l'ancien Lorientais -, les joueurs d'Elie Baup seraient bien inspirés de commencer à regarder dans le rétroviseur. La bonne nouvelle pour l'OM, c'est que Lyon n'en a pas profité. les Lyonnais se sont lourdement inclinés à Gerland contre une équipe du LOSC à nouveau séduisante.

C'est clairement le meilleur match de Lille cette année. On se souvient que les Nordistes avaient été très bons à l'aller mais qu'ils s'étaient fait rejoindre sur un but de Lisandro. Cette fois, avec un Dimitri Payet exceptionnel, qui a multiplié les exploits techniques et aurait mérité d'être récompensé de son match par un but en plus de ses deux passes décisives, le LOSC l'a assez facilement emporté.

Rennes, enfin le bon cocktail

Comme l'a justement fait remarquer Duga dans le debrief, à Lyon Bastos n'était pas heureux, Gomis ne l'est pas toujours non plus, Lisandro lui, ne l'est carrément pas et Gourcuff ne joue plus du tout. Alors que l'équipe était menée 1-3, Garde a préféré faire rentrer des gamins plutôt que Gourcuff. Avec un joueur qu'on paye plus de 400 000 euros et compte tenu du très pauvre contenu livré par l'OL depuis début 2013, c'est qu'il y a un problème. Gourcuff ne peut pas toujours être la victime, mais en tout cas il ne peut pas être tenu pour responsable de l'énorme coup de mou que connaît actuellement l'OL.

Enfin, l'autre match de l'après-midi a vu la victoire patiente mais très nette de Rennes sur Toulouse. Le Téfécé a fait à peu près illusion en première mi-temps, mais avec un bon coaching d'Antonetti, qui a fait sortir un Diallo décevant - alors qu'il a vraiment sa chance depuis quelques semaines - pour un Sané qui a dynamisé le côté droit, Rennes a fini par trouver l'ouverture par Alessandrini, qui a profité d'une grosse faute de main d'Ahamada, avant de doubler la mise par Erding.

Je pense qu'il y a quelques semaines, Rennes n'aurait pas gagné ce match. Cette fois, ils semblent avoir une autre gniac. Peut-être la gniac d'Antonetti, mariée au talent de ses individualités - Féret et Alessandrini en tête -, va-t-elle finir par donner le bon cocktail au Stade Rennais. D'autant que Pitroipa va revenir gonfler le potentiel offensif déjà énorme du club breton. On va vite le savoir : avec Bordeaux-Lyon et Lille-Rennes le week-end prochain, il pourrait encore y avoir de la casse dans la course à l'Europe.


Pierrot