Un final à émotion

Voilà, c'est fini. La Ligue 1 a livré ses verdicts. Dans le haut Lyon et Nice sont les grand vainqueurs, Lille le grand perdant. Dans le bas, Sochaux a sauvé sa peau et laissé Troyes dans la charrette...

Il y a eu beaucoup de larmes hier soir, lors de la dernière journée de Ligue 1. Des larmes classiques : de joie pour ceux qui ont réussi et de tristesse pour ceux qui ont échoué. D'autres plus spéciales : pour des joueurs qui quittaient un club dans lequel ils venaient de passer plusieurs années, comme Chedjou et Lisandro. Mais aussi des larmes de joueurs qui arrêtent leur carrière, comme Ludo Giuly (qui n'a pas pleuré, d'ailleurs) ou Le Crom, bêtement expulsé par un arbitre inutilement zélé dans de telles circonstances. Ou encore des larmes de nostalgie à Marseille, où on fêtait les 20 ans de la victoire de l'OM en Ligue des Champions.

Les enjeux étaient connus. Le couperet est tombé. Pour l'Europe, la place en Ligue des Champions est revenue à Lyon et celle pour la Ligue Europa est tombée dans l'escarcelle de Nice. L'OL qui a fait comme tout le monde, à savoir battre Rennes, ce qui est devenu la chose la plus facile à faire en Ligue 1 ces trois derniers mois. Un succès acquis grâce à deux coups de pied arrêtés. Un pénalty de Lisandro pour une main sévèrement sanctionnée d'Apam, et un nouveau coup-franc exceptionnel de Clément Grenier, qui est le grand artisan de cette fin de saison heureuse pour l'OL, entre son but splendide dans les arrêts de jeu à Montpellier et ses deux missiles "juninhesques".

Ca n'a visiblement pas été suffisant pour être convoqué par Deschamps pour la tournée des Bleus en Amérique du sud, ce que je trouve plus que regrettable : anormal. "Anormale", comme la 4e place décrochée par l'OGC Nice, qui a fait preuve de beaucoup de réalisme en l'emportant quasiment sur ses deux seules occasions du match à Ajaccio. Alors attention : c'est mérité sportivement et ça récompense un club qui est reparti sur de toutes nouvelles bases depuis l'arrivée de Puel. Mais le fait de voir Nice devancer des clubs comme Lille, Saint-Etienne, Rennes voire Bordeaux, ce n'est pas bon signe d'un point de vue général. Et ça tient autant à la bonne saison niçoise qu'à l'incompétence des autres. A commencer par le LOSC.

Arbitrage, le point noir

Lille a gâché une énième balle de match cette saison et gaspillé dans le money time de ce championnat sa série de huit victoires en neuf matchs. Entre la défaite à domicile contre Evian, le nul face à Sochaux en menant 3-0 à dix minutes de la fin et ce nouveau nul face à Saint-Etienne alors que les Nordistes mènent 1-0 puis jouent à 11 contre 10, c'est une forme d'insuffisance rédhibitoire à ce niveau. Une insuffisance qui laisse le club à une sixième place non-européenne, ce qui va poser des problèmes économiques. Le LOSC va être obligé de vendre - ça a déjà commencé avec le transfert acté de Chedjou à Galatasaray - ses meilleurs joueurs. Payet ? Il y a même une rumeur aujourd'hui qui dit que Lille serait obligé de revendre Thauvin avant même que celui-ci pose le pied dans le Nord ! C'est une triste conclusion pour une équipe qui joue bien au foot, certes, mais qui a trop fauté dans les moments cruciaux après avoir déjà raté son début de saison.

Et puis tout en bas, il n'y a pas eu de miracle pour Troyes, qui jouera donc bien en Ligue 2 la saison prochaine. C'est dommage pour la qualité de jeu et l'état d'esprit de cette équipe. On se souviendra quand même qu'à un moment donné dans la soirée, les Aubois menaient 1-0 à Valenciennes et que Sochaux aurait dû être mené 1-0 à Bastia si le but de Choplin n'avait pas été injustement refusé. Que se serait-il passé s'il avait été accordé ? On ne le saura jamais mais ça prouve surtout que même lors d'une dernière journée décisive, on a encore trop parlé de l'arbitrage, qui restera pour moi le gros point noir de cette saison, avec un manque évident de psychologie, de discernement et une application du règlement à géométrie variable.

Et puis un dernier mot pour saluer le 30e but inscrit par Zlatan Ibrahimovic mais aussi le doublé de Kevin Gameiro qui porte son total en Ligue 1 à 8 buts en moins de 900 minutes de jeu. Un chiffre qui reste une performance étonnante. 


Pierrot