Une journée qui va compter

Lille revient fort, Marseille pique la deuxième place à Lyon et le PSG s'envole vers le titre : cette 30e journée a été riche d'enseignements.

Presque comme prévu, l'OM s'est imposé à Nice. Curieusement cette saison, plus l'opposition est forte, plus l'OM parvient à élever son niveau et à bien jouer. Il y a une explication à ça. D'abord, les Olympiens ne sont pas obligés de faire le jeu. Et puis, ils ont cette faculté à pouvoir s'adapter au rythme de l'adversaire. Même s'ils ont fait preuve de pas mal d'imprécisions, les Niçois ont surtout cherché à mettre du rythme dans le match.

Du coup, l'OM a dû hausser son propre rythme, ce qui lui a permis de pas mal s'en sortir au final. Evidemment, la domination était azuréenne, mais à part un ou deux très bons arrêts de Mandanda, les Phocéens ont plutôt bien géré le coup défensivement, avec un Lucas Mendes qui progresse à chacune de ses sorties et un Cheyrou auteur d'une bonne entrée et dont le calme balle au pied a fait beaucoup de bien.

Devant, Valbuena a encore été très bon. Après, c'est assez étonnant que Nice encaisse un but sur corner avec un attaquant qui n'a même pas à sauter pour reprendre le ballon. Depuis qu'ils jouent l'Europe et même la Ligue des Champions, les Aiglons ont un peu de mal à passer la vitesse supérieure, ce qui est finalement assez compréhensible. D'abord, c'est une équipe à qui il manque quelques joueurs : Eysseric (on sait pourquoi) et Cvitanich qui revenait de blessure. Et puis, Marseille est plus habitué à jouer ce genre de matchs. Et c'est évidemment une victoire capitale qui permet en outre à l'OM de reprendre la seconde place à l'OL.

A quoi tient une saison ?

Après son faux pas face à Evian, Lille a fait ce qu'il fallait pour se replacer très sérieusement dans la course à la Ligue des Champions en allant gagner plus facilement que ne l'indique le score sur la pelouse de Brest. Même s'ils ont concédé très rapidement l'ouverture du score par Raspentino, les Nordistes sont vite revenus à la marque en profitant d'une grosse erreur de marquage sur un corner, Kalou se retrouvant seul au deuxième poteau pour mettre le ballon au fond.

Ensuite, le second but lillois était inéluctable. Circonstances aggravantes pour les Bretons, ils est venu des pieds de Nolan Roux. A quoi tient parfois une saison ? Roux était initialement écarté du groupe, avant d'être réintégré par Garcia suite au forfait de De Melo. Et c'est lui rentre et marque le but de la victoire face à son ancien club, qui se retrouve malheureusement dans la position où on le voyait chuter depuis un bon moment, à savoir dans la charrette.

La fin de saison s'annonce très difficile pour les Brestois, qui sont assez démunis dans tous les secteurs de jeu et il va surtout falloir que les hommes de Chauvin pensent à prendre des points face à leurs concurrents directs. Parmi ceux-ci se trouve Sochaux, qui serait donc champion de France s'il jouait tous les dimanches soirs à 21h devant nos caméras, puisqu'après avoir battu l'OM puis le PSG, les Doubistes sont allés gagner à Gerland.

Un match remporté grâce à des circonstances très favorables pour eux, entre les trois montants trouvés par les Lyonnais et le pénalty flagrant oublié pour une faute sur Grenier. Je regrette vraiment que dans ce championnat, on donne parfois des pénos à tort et à travers pour des mains litigieuses - comme ça a pu être le cas par exemple lors de Valenciennes-Lille -  et que dans le même temps on oublie d'en siffler pour de vraies fautes. C'est une dérive de l'arbitrage, ce laxisme contrariant sur certaines actions et cette sévérité hors de propos sur d'autres.

Le PSG s'est envolé...

Les Sochaliens ont ouvert le score sur une jolie tête de Sio, qui est une belle révélation. Et ils tenaient le match jusqu'à la sortie d'un Poujol très solide dans son rôle de sentinelle. A partie de là, les Lionceaux ont commencé à éprouver énormément de difficultés et les occasions se sont accumulées pour les Lyonnais, avec notamment le réveil de Lacazette, qui a frappé la barre puis provoqué un pénalty.

Après ça, l'OL a encore tapé deux fois les montants, sur une tête de Lisandro puis un coup-franc de Grenier. Lors du debrief, Jean-Michel Aulas n'est quasiment revenu que sur les deux pénalties oubliés. Je suis d'accord sur le premier, nettement moins sur le second. Le ballon frappe le poteau et rebondit sur le bras de Boudebouz, qui est de dos et ne sait plus trop où il habite. Les bras sont décollés du corps mais bon, on ne va pas non plus demander aux mecs de jouer avec les bras attachés dans le dos.

Lovren lui, n'a eu besoin de personne pour faire basculer le match. Déjà catastrophique à Bastia, le Croate s'est fait manger par Sio alors qu'il avait la balle côté droit, avant de se prendre une passe décisive entre les jambes pour Bakambu cinq secondes plus tard. Clairement, cette équipe sochalienne n'a rien à faire en seconde partie de tableau. Cette équipe possède de jeunes joueurs de talent capables de bien jouer au foot. Mais elle ne doit pas, comme elle semble le faire, choisir ses matchs et ne jouer que lorsqu'il y a les sunlights.

Au moment où on refera la story de ce championnat, cette 30e journée pèsera lourd : parce que si Marseille a repris la seconde place directement qualificative pour la Ligue des Champions, il ne faut pas oublier que pendant ce temps-là, le PSG s'est envolé…

Pierrot