Une ligne et des fractures

Ça y est, on connaît enfin les 23 heureux élus. Didier Deschamps, fidèle à ses principes, ne nous a pas réservé de surprises. Au grand dam de Samir Nasri.

Si on doit reconnaître un mérite à cette liste des 23 de Didier Deschamps, c'est d'abord que c'est une liste de 23. Ça évite d'exclure de manière un peu inhumaine sept joueurs au dernier moment. On ne vivra pas ce pénible suspense et c'est tant mieux.

À la lecture de cette annonce, on voit que Deschamps a une vraie ligne directrice et une vraie ligne tactique. Cette équipe est bâtie pour jouer en 4-3-3. On connaît à un élément près l'équipe type de départ et on devine aussi facilement le nom des remplaçants. De ce côté là, la polyvalence de certains éléments a grandement joué en leur faveur. Je pense notamment à Sissoko au milieu ou Rémy en attaque.

Alors évidemment, le but du jeu n'est pas d'ergoter pendant des heures sur le fait qu'il n'y ait pas Lacazette, Gonalons, Kurzawa ou Perrin. Chaque supporter vit forcément comme une injustice l'absence des joueurs de son club. Mais ceux qui se sont mis dans la peau du sélectionneur sans faire parler leurs sentiments ont dû avoir au moins 22 noms sur 23. Le doute pouvait peut-être subsister entre Mavuba et Gonalons. Le choix du Lillois s'explique par la volonté de Deschamps d'avoir un vrai libéro de milieu plutôt qu'une sentinelle agressive et pressante.

Une confiance méritée

Le grand absent de cette liste, c'est bien sûr Samir Nasri. J'en ai parlé au Canal Football Club dimanche, ce n'est pas une surprise. Compte tenu de l'absence de concurrence au poste de milieu offensif entre les blessures des uns et les saisons médiocres des autres, je me suis étonné qu'il soit exclu. Le sélectionneur a privilégié la logique de groupe plutôt que l'individualité. Ça reste un choix. Il faudra voir si on ne le regrette pas durant le tournoi.

Voilà, maintenant cette liste est faite. Son dernier mérite est d'être celle de Deschamps, qui est un mec qui gagne. Lui plus que quiconque mérite la confiance des supporters de l'équipe de France. Il a fait ses choix. Maintenant, il est évident que pour lui comme pour n'importe quel sélectionneur, ce sont les résultats qui lui donneront raison, ou tort.    

Pierrot