Une purge et un combat

Ce mercredi, l'Atlético et le Bayern ont livré un duel bien plus enthousiasmant que le soporifique City-Real de la veille. Si les hommes de Simeone ont préservé leur petit avantage jusqu'au bout malgré la pression et les occasions bavaroises, le suspense reste entier avant le retour à l'Allianz Arena.

On a eu le droit à deux demi-finales complètement différentes cette semaine. On va rapidement passer sur le match entre Manchester City et le Real Madrid, tant il s'est avéré insupportable jusqu'au dernier quart d'heure. Une période durant laquelle le Real a eu quelques occasions de l'emporter. Un succès qui aurait d'ailleurs été plutôt mérité au vu du manque d'imagination offensive des Skyblues. Ces derniers se sont surtout appuyés sur leur deux lessiveuses Fernando et Fernandinho, qui balaient tout et font un travail énorme. À part ça, Silva est sorti trop tôt, Agüero a été transparent, Navas a été égal à lui-même et Kevin De Bruyne a été contraint de beaucoup travailler au milieu.

En effet, la domination madrilène dans ce secteur a été assez évidente, sous l'impulsion de ce joueur exceptionnel qu'est Luka Modric. Le Croate est l'un des footballeurs les plus sous-cotés de la planète alors qu'il fait partie des meilleurs au monde. Toujours est-il que le Real, privé de Ronaldo puis de Benzema dans le deuxième acte, a de mon point de vue fait le plus dur et devrait récolter les fruits de ce match aller lors du retour, au stade Santiago Bernabeu. 

Ce mercredi, on attendait une opposition de style absolue entre l'Atlético et le Bayern Munich. Le défi proposé aux joueurs de Simeone était finalement assez équivalent à celui du Barça. Il faut reconnaître qu'ils ont quand même davantage souffert contre le club catalan. Face aux Bavarois, ils ont eu la bonne idée de faire un formidable début de match au niveau de l'agressivité offensive et du pressing. Surtout, ils ont ouvert le score sur un but exceptionnel - une action individuelle de classe mondiale, à la Messi - de Saul Niguez. À cet instant-là, la configuration était idéale pour l'Atlético : mener au score et laisser le ballon au Bayern. Jusqu'au ridicule mais il faut croire que l'Atlético peut gagner des matchs avec moins de 30 % de possession.

Le Bayern devra montrer autre chose 

Je vois, je lis et j'écoute tout le monde s'extasier sur l'abnégation défensive, sur la capacité à être toujours à deux sur les côtés, sur le fait de parfaitement coulisser, sur la grinta invraisemblable de Simeone sur le banc, etc. Tout est vrai. Mais moi, je suis désolé, ça m'emmerde. En plus, il y a toujours un moment où ça triche, où ça simule. Alors contrairement au match face au Barça, il y a eu moins de coups. Sans doute l'absence de rivalité nationale ou le forfait de Diego Godin.

Alors c'est vrai qu'en première mi-temps, les Colchoneros ont parfaitement contrôlé un Bayern très décevant. Evidemment, la seconde période a été beaucoup plus compliquée, notamment les trente premières minutes. Un enfer pour les locaux, qui ont concédé beaucoup d'occasions à l'image de cette frappe sur la barre d'Alaba. Les Bavarois ont eu de grosses opportunités qu'ils ont raté par manque d'application. Ils n'ont pas non plus été aidés par un Lewandowski littéralement transparent. À l'entrée du dernier quart d'heure, Fernando Torres a quant à lui trouvé le poteau après un bel enchaînement individuel suite à un contre très bien mené. Il aurait alors pu donner un avantage énorme à l'Atlético en vue du match retour. Finalement, c'est le Bayern qui a mieux terminé la rencontre en se créant de nouvelles situations, notamment une superbe frappe de Vidal bien repoussée par Oblak.

Alors évidemment, dans cette confrontation, le suspense reste total. Je pense que le Bayern a tout à fait les moyens de faire éclater cette équipe mais l'Atlético a également les ressources pour non seulement garder son but d'avance mais même en claquer un autre à l'Allianz Arena. Le huitième de finale retour contre la Juventus devra servir grandement de leçon aux joueurs de Guardiola, qui vont devoir faire preuve de plus d'imagination à la création et de plus de sang-froid dans la finition pour s'en sortir.

Pierrot